La quête du plaisir, OUI, mais à quel prix ?

la-pillule-pour-femmes-sante-tunisieL’agence de médicaments américaine (FDA) vient d’approuver le 18 août dernier le premier traitement destiné à traiter les troubles du désir sexuel hypoactifs (HSDD) chez les femmes pré-ménopausées. Il s’agit de la flibansérine.

Le HSDD est caractérisé par une diminution importante du désir féminin, elle-même source de stress, de souffrance, de déséquilibre et de difficultés sociales et interpersonnelles. Ce trouble n’est pas du à une affection somatique,  psychiatrique ou la prise d’un traitement quelconque. Il est acquis, survenant chez une femme ayant toujours eu une libido qualifiée de normale et il est dit généralisé quand il apparaît indépendamment de la qualité de l’activité sexuelle antérieure et celle du partenaire. Le HSDD est la forme la plus fréquente des dysfonctionnements sexuels féminins.

Dr Janet  Woodcock, directrice du Centre de l’Evaluation des Médicaments et de la Recherche au Sein de la FDA, a précisé que ce traitement, et vu son interaction potentiellement dangereuse avec l’alcool, ne devra être délivré que sur prescription médicale et dans les pharmacies certifiées en ajoutant qu’aussi bien patients que prescripteurs devraient être pleinement conscients et avisés des risques de ce nouveau médicament pour une utilisation raisonnée. Les risques les plus redoutés étant l’hypotension artérielle sévère et la syncope. Ces accidents sont d’autant plus fréquents si le patient consomme conjointement de l’alcool ou qu’il y ait une prise simultanée de flibansérine avec d’autres médicaments, comme les inhibiteurs de la CYP3A4 qui risquent d’interférer avec l’élimination de la flibansérine. Certains anti-arythmiques, antibiotiques et antifongiques sont des inhibiteurs du cytochrome p450 3A4. L’insuffisance hépatique serait également une contre-indication à l’usage de la flibansérine.

La dose a été fixée à une seule prise quotidienne au coucher pour éviter les éventuelles conséquences de l’hypotension artérielle et de la syncope comme la somnolence et la sédation. Si, après huit semaines de traitement, les patientes ne remarquent aucune amélioration sur leur libido, elles devraient arrêter ce médicament.

L’efficacité de la flibansérine a été évaluée grâce à une étude randomisée, en double aveugle avec placebo pendant 24 semaines auprès de 2,400 femmes pré-ménopausées et qui souffraient de HSDD. Près de 10% de femmes avaient rapporté une nette amélioration de leur désir sexuel avec une réduction remarquable du stress encouru par leur HSDD. Toutefois, la flibansérine n’avait aucun impact sur leurs performances sexuelles. Les vertiges, la fatigue, la somnolence, les nausées, l’insomnie et la sécheresse de la bouche étaient les effets secondaires les plus fréquemment rapportées.

Une balance plaisir/confort dur à atteindre et bien qu’approuvé par la FDA, la décision ultime de l’usage d’un tel médicament revient aux femmes et uniquement aux femmes.

E.K.L

 

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