De la dysfonction érectile à l’impuissance sexuelle masculine

Lorsque des hommes en pleine santé physique et mentale, connaissent des problèmes érectiles passagers, on parle de « pannes sexuelles ». Mais lorsque ces pannes sexuelles deviennent systématiques, les sujets souffrent de dysfonction érectile (D.E). Cela passe des simples «pannes passagères» à la totale impuissance sexuelle !

Définition

Autrefois, les troubles érectiles ont été tous groupés dans le terme « d’impuissance sexuelle ». Ce terme a été remplacé par la « dysfonction érectile » (D.E), plus approprié. Il s’agit de l’incapacité ou de l’altération d’une érection pénienne, et ce, que ce soit par l’altération de sa rigidité, de sa durée ou des deux en même temps. En effet, on parle de dysfonction érectile lorsque l’homme est incapable d’avoir une érection assez rigide ou de la maintenir afin d’avoir un rapport sexuel satisfaisant. Cela dit, il faut bien différencier la D.E. des autres troubles (éjaculation précoce, anorgasmie, baisse de la libido…) qui, s’ils surviennent seuls, ne confirment pas la D.E. mais peuvent y être associés.

Symptômes :

Les symptômes de la dysfonction érectile sont facilement repérables. Il s’agit d’une incapacité (totale ou partielle) à obtenir ou à maintenir assez longtemps une érection. Et même si l’érection existe, le phallus n’est pas assez ferme pour permettre le coït. Parfois, même si le sujet arrive à la copulation, il n’arrivera pas à maintenir son érection tout au long de l’acte. Ceci dit, les symptômes de la dysfonction érectile peuvent changer d’un sujet à l’autre et ce suivant l’origine même de ce trouble.

On parle également de D.E. organique, lorsqu’il y a disparition totale des érections nocturnes ou matinales dites aussi érections physiologiques. Le sujet ne réagit généralement pas au stimulus que ce soit en présence ou en absence d’un partenaire.

Toutefois, pour les sujets dont la dysfonction est liée à des causes psychologiques, les érections nocturnes ou matinales peuvent être conservées. Dans ce cas, les troubles surviennent souvent de façon subite, peuvent ne survenir que dans certaines circonstances et ne sont généralement pas associés à une maladie organique.

Facteurs et causes :

Les raisons de la D.E. peuvent être physiques ou/et psychologiques. Rappelons que le dénominateur commun aux troubles de l’érection, toutes causes confondues, est une mauvaise circulation sanguine au sein de la verge. Chez les sujets jeunes, ce sont surtout les causes psychologiques qui sont mises en cause : crainte, colère, frustration, angoisse de la performance, mauvaise estimation de soi, peur de mettre la partenaire enceinte, dépression, stress, anxiété… Mais arrivé à un certain âge, ce sont les causes physiques qui prennent le dessus. De fait, le diabète est l’une des causes organiques les plus fréquentes des troubles de l’érection.

Les effets secondaires des médicaments antidépresseurs, des médicaments contre les maladies du cœur, des médicaments de l’hypertension et les troubles neurologiques peuvent aussi donner des troubles de l’érection. Elle peut également survenir suite à maladie de la Peyronie qui est une lésion bénigne responsable de la déviation de la verge.

La D.E peut aussi être dûe à une fatigue extrême, à une alimentation trop riche en gras, au tabagisme, à la consommation de drogue ou d’alcool ou suite à une période de sevrage.

Diagnostic

Bien que pouvant intervenir à tout âge, la D.E. est beaucoup plus fréquente après 40 ans. Au-delà de cet âge, la dysfonction érectile (de légère à modérée) toucherait en effet, environ un homme sur trois. Le problème devient bien plus courant après l’âge de 50 ans. En effet, en vieillissant, l’érection peut devenir moins rapide, nécessitant plus de stimulation. Il arrive aussi que l’impu
issance soit passagère et sans gravité (pannes). C’est, donc la persistance de l’impotence sur plusieurs mois et sans une cause évidente, qui doit amener à consulter.

Il est toutefois à préciser qu’un homme, ayant des troubles ou une incapacité d’érection, peut très bien ressentir du désir et atteindre l’orgasme, et la majorité arrive à procréer de un à plusieurs enfants sans avoir d’érections suffisantes. Mais dans tous les cas, et comme l’érection fait partie intégrante de la réponse sexuelle normale, tout trouble permanent qui dure plusieurs mois d’affilé est considéré comme une anomalie. Cela relate d’une possible maladie sous-jacente où d’un trouble psychique installé qui nécessite un diagnostic.

Traitement

La première chose à voir pour déterminer l’origine de la dysfonction est d’abord d’observer les érections nocturnes et matinales. Si elles n’existent pas du tout, l’origine du mal est plutôt organique. Le patient doit donc consulter un médecin qui lui fera subir des analyses afin de déterminer la maladie qui cause ses dysfonctions et saura le diriger vers le spécialiste adéquat.

Une fois le traitement en place, il peut reprendre petit à petit ses fonctions. Dans certains cas, une aide parallèle peut aider à relancer le processus d’érection. Les moyens ne manquent pas et la médecine a fait plusieurs progrès dans ce domaine. Toutefois, si l’homme souffrant de D.E. a des érections nocturnes et matinales intactes, on se penchera vers les causes psychologiques. Dans ce cas, il faut suivre une thérapie pour essayer de cerner les causes psychiques qui bloquent le mécanisme afin de pouvoir y remédier. S’il s’agit d’un homme marié, il doit chercher s’il y a mésentente conjugale mais aussi, s’il y a un trouble de l’anticipation, anxiété, stress…

Parfois, le problème est presque banal et peut très vite être remédié. Il est cependant préférable que les deux partenaires suivent ensemble la thérapie pour de meilleurs résultats. S’il s’agit d’un homme jeune ou célibataire, il faut chercher les origines et les antécédents psychiques qui le bloquent. Parfois cela relate des mêmes problèmes : anxiété, stress, surmenage, mais il peut s’agir aussi d’une angoisse de ne pas être à la hauteur (à force d’avoir peur de ne pas avoir d’érection, cela arrive !) ou d’une crainte de mettre la partenaire enceinte ce qui bloque le mécanisme. Dans certains cas, il s’agit d’une très mauvaise image de soi et d’un problème psychique assez profond datant probablement de l’enfance, d’une relation défaillante avec la mère, d’une forte inhibition de l’acte sexuel…

Chez un homme, surtout jeune, une panne passagère peut survenir, mais s’il se convaint qu’il est dysfonctionnel, il va le devenir et sa D.E. devient chronique parce qu’il n’a pas pris les choses en main à temps ! La D.E. est douloureuse pour les hommes, ils la vivent comme une dévirilisation et ils plongent dans la déprime. Cela retentit sur la qualité de leur vie et ils se privent même de leur droit au bonheur. Ils ont tort, la D.E. n’est pas fatale et cela se traite.

 

Bibi