Le délire : du symptôme à la pathologie

On l’entend souvent dans nos discours « mais tu délires ? », mais que signifie réellement le terme «délire» et y a-t-il un substratum pathologique au vrai délire ?

 

Un esprit égaré, une pensée trouble et des idées en désaccord avec le vécu pourraient définir le délire. Un délire se définit donc en prenant en considération les croyances, la culture et les habitudes de la société à une époque et un lieu donnés. Toutes contrées ou périodes confondues, beaucoup de psychanalystes seraient d’accord sur l’existence d’une souffrance psychique causale.

 

Le délire n’est pas une maladie mais un symptôme qui, associé à d’autres symptômes, peut nous orienter vers une pathologie. En effet, un délire pourrait se voir en cas de fièvre élevée ou encore en état d’ivresse mais dans la majorité des cas, il est associé à une pathologie psychiatrique. Le délire se rencontre essentiellement dans la schizophrénie, la psychose maniaco-dépressive et la paranoïa.

 

Quelque soit le thème du délire, religion, mégalomanie ou persécution et quelque soit sa structure, claire et cohérente dans la paranoïa ou au contraire floue et incompréhensible dans la schizophrénie, le délirant y adhère fortement. Même si une personne « normale » considère que le délirant a une vision perturbée de la réalité et une construction ébranlée de son intellect, ce dernier et grâce à son délire, se reconstruit une existence et un être sans fautes ni failles dans lesquels il évolue.

 

Pour cette raison, il faudrait savoir que lorsque le délirant ne croit plus à son délire, il se retrouvera dans un vide qu’il ne saura combler et vis-à-vis duquel il n’est plus protégé. C’est alors qu’arrive le moment fatidique des conduites agressives et même des tentatives de suicide.

Le délire est un symptôme difficile à diagnostiquer sauf s’il est récurrent et permanent. Le délirant a besoin d’aide et peut être traité convenablement par les thérapeutiques actuelles.

 

E.K.L