Violences conjugales intervenir auprès des victimes, de la victimisation à la dévictimisation

violence-conjugale-1-sante-tunisieLes 8 et 9 mai derniers, à l’hôtel Le Belvédère de Tunis, s’est tenu la deuxième session de formation des formateurs dans le domaine de la lutte contre la violence conjugale sous le thème « Violences conjugales intervenir auprès des victimes, de la victimisation à la dévictimisation ». Ce workshop a été organisé par le Ministère de la Santé, le secrétariat d’état à la femme et à la famille, l’Organisation National de la Famille et de la population (ONFP) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

 

La première journée a permis de définir les concepts de victime et de victimisation, la victime dans le processus de domination conjugale et enfin les impacts de la victimisation c’est-à-dire l’apprentissage de l’incapacité, la perte d’estime de soi, les traumatismes et leurs conséquences sur la santé physique et mentale. La deuxième journée quant à elle, a été consacrée à la prise en charge des victimes de violences qui passe par une dévictimisation et la mise en place d’une stratégie d’accompagnement des victimes adaptées aux différents temps d’intervention (crise, court terme, moyen et long terme). Autre sujet traité lors de cette deuxième journée, est le traumatisme vicariant, qui est un traumatisme psychologique sans relation avec un traumatisme direct, mais consécutif aux contacts avec une personne traumatisée.

La clôture officielle de cet événement, a été assurée par Mme Neila Chaabane, Secrétaire d’Etat en charge de la Femme et de la Famille, et le Ministre de la Santé, le Dr Mohamed Salah Ben Ammar. Ce dernier, a rappelé le constat fait par l’OMS, d’après une étude englobant 24 000 femmes de 10 pays différents, qui a révélé que la violence conjugale dirigée contre la femme est l’une des principales causes de décès et d’incapacité pour les femmes âgées entre 16 et 44 ans. L’OMS considère donc que la violence à l’encontre des femmes est un grand problème de santé publique et une violation majeure des droits de la femme. Toujours d’après le Ministre, la mobilisation contre la violence faite aux femmes, a démarré en Tunisie depuis les années 90, grâce à la société civile qui a contribué à faire tomber le mur du silence autour de ce phénomène, surtout au sein du cocon familial. Le Dr Ben Ammar a aussi évoqué le partenariat entre l’ONFP et l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID) qui consiste en un programme spécial pour l’égalité entre les deux sexes et la prévention de la violence dirigée contre la femme. Le Ministre de la Santé a aussi adressé ses vifs remerciements à Mme Josiane Corruzzi, juriste et directrice de « Solidarité Femmes et Refuge pour femmes battues » de la Louvière, en Belgique, qui a participé à cet événement en tant que formatrice.

K.L

 

 

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