L’hystérie : entre mythe et réalité

L’hystérie est donc une névrose qui touche préférentiellement la femme, néanmoins, l’hystérie masculine existe. L’hystérique est une personne qui est éternellement insatisfaite de son existence qu’elle ignore ou au contraire qu’elle majore, elle essaie de truquer la réalité et s’investit dans les rêveries. Cette insatisfaction a une double origine : la carence affective du père et l’indifférence et la négligence d’une mère qui n’a pas su valoriser le statut du modèle féminin devant sa fille.

La femme hystérique est une personne qui a peur d’être abandonnée et dont le besoin de rassurance, de protection et de louanges est intense. L’hystérique se construit une identité et une existence dépendantes de ce que veulent les autres, elle n’arrive pas à se structurer une entité propre à elle.

Le théâtralisme est une pierre angulaire de la femme hystérique, en effet, elle exprime avec le corps ce qu’elle ne peut dire avec les mots, elle érotise particulièrement les relations amoureuses et passionnelles. Ce maniérisme évident dans les émotions contraste avec des inhibitions sexuelles telle que la frigidité ou le vaginisme.

L’hystérique est sans cesse en rivalité avec les autres femmes, son comportement est celui de femme fatale, de séductrice et qui repose sur un désir insatiable de plaire. Elle collectionne les hommes et les aventures mais sans jamais parvenir au bout de ses expériences.

Tout est une vraie mise en scène dans la vie de la femme hystérique, les scénarios y sont exacerbés et les comportements déchaînés. Elle est au mieux de sa forme en présence d’un public intéressé et acclimaté et à ce moment que sont favorisées les crises dites crises de conversion hystérique.

La crise hystérique commence par l’apparition de douleurs ovariennes, de troubles sensitifs et des palpitations. Ensuite, survient l’immobilisation de tous le corps avec des muscles contractés et une gêne voir un arrêt respiratoire. Des cris et des mouvements violents peuvent accompagner ce tableau. La phase terminale se caractérise par un retour à l’état normal et la reprise de la conscience et surtout la « belle indifférence » de l’hystérique à sa crise. Une telle crise imposerait d’éloigner la patiente de la foule.

 L’hystérie masculine :

L’hystérie masculine est certes beaucoup plus rare mais elle existe. Les principaux motifs de consultation sont l’anxiété, le refus ou la peur de la réussite professionnelle, les manifestations dépressives et les troubles de la sexualité tels que l’impuissance, la masturbation pouvant aller jusqu’au doute sur l’identité sexuelle.

En effet, les troubles de la conduite sexuelle occupent une place centrale dans la personnalité de l’homme hystérique, ce dernier évite les rapports sexuels sous prétexte de raisons morales. Il fabule des récits de donjuanisme et de séduction. Il croit qu’il manque de critères masculins qu’il essaie d’acquérir en se liant d’amitié avec des hommes. L’homme hystérique est tout le temps en quête de virilité.

Les pleurs, l’agitation et l’alternance extase /morosité sont les principaux signes rencontrés lors de la crise de conversion chez l’homme hystérique.

 Evolution :

L’hystérie, chez l’homme comme chez la femme, peut dégénérer en dépression, anorexie, boulimie et parfois même en toxicomanie. Toutefois, la disparition complète des symptômes est possible ce qui conforte le diagnostic de l’hystérie. On peut également rencontrer un isolement et un retrait de l’hystérique ou, au contraire, un dévouement dans les activités sociales et culturelles.

Thérapeutique :

Une prise en charge de l’hystérique repose sur l’établissement d’une relation rassurante avec le médecin qui tentera de remonter, par le biais d’une analyse minutieuse de la personne, au traumatisme originel. Les anxiolytiques et les médicaments antidépressifs peuvent parfois s’avérer nécessaires.

 

E.K.L