Dysfonctions sexuelles : de nouveaux critères de diagnostic

Le débat sur la différence entre les troubles sexuels légers et passagers et la dysfonction sexuelle cliniquement diagnostiquée, n’est pas nouveau entre les professionnels de la santé, mais il a été remis en cause récemment par les changements des critères officiels de diagnostic.

Parmi les réactions récentes, on cite l’étude publiée dans un article du « Journal of Sex Research » et qui a pour objet l’évaluation de l’impact probable de ces critères de morbidité sur la prévalence de du dysfonctionnement sexuel.

Selon cette étude, pour établir le diagnostique de dysfonctionnement sexuel d’après la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), il faudrait que les symptômes durent au moins 6 mois, surviennent presque toujours ou toujours pendant les relations sexuelles, et provoquent une souffrance cliniquement significative.

Certains craignent que ces critères fassent exclure du traitement des individus atteints de dysfonctionnement sexuel, alors que les partisans de ces critères estiment que cette approche étroite est une sélection essentielle du DSM-5 qui permettra de protéger les personnes ayant des difficultés passagères et légères d’être considérées comme malades.

Cette disparité entre les professionnels, met en évidence l’importance de la recherche sur l’impact des nouvelles normes de diagnostic.

Pour prédire l’impact des recommandations du DSM-5 sur la dysfonction sexuelle, les chercheurs ont analysé les données de la troisième enquête nationale britannique sur les attitudes sexuelles et le Style de vie (Natsal-3).

11.509 participants hommes et femmes âgés de 16 à 74, déclarant au moins un partenaire sexuel au cours de l’année précédant l’enquête, ont répondu aux questions sur les problèmes de la fonction sexuelle. Parmi les hommes sexuellement actifs, la prévalence de l’apparition d’un ou de plusieurs des quatre problèmes sexuels spécifiques était de 38,2%, mais seulement 4,2% répondaient aux critères du DSM-5 à savoir la durée, la gravité, et la détresse.

Les chiffres correspondants aux femmes ayant déclaré un ou plus des trois problèmes sexuels spécifiques, étaient de 22,8% et 3,6%.

La baisse de la prévalence après l’application des critères de morbidité est dramatique, mais elle suggère encore qu’un très grand nombre de personnes est affecté- environ 1,8 millions au Royaume-Uni et 8,9 millions aux États-Unis.

Le fait que seulement un peu plus d’un tiers des hommes et des femmes ayant eu des problèmes répondant aux trois critères cités, aient cherché de l’aide professionnelle durant l’année qui a précédé leur participation à l’étude, suggère qu’un grand nombre de personnes en situation de dysfonctionnement ne reçoivent pas d’aide soit environ 1,2 millions au Royaume-Uni et 5,8 millions aux États-Unis.

Cette étude a démontré que les limites des critères de diagnostique de la DSM-5 permettent de se focaliser sur les symptômes cliniquement significatifs, offrant des applications prometteuses aussi bien pour les contextes cliniques que pour ceux des recherches.

B.H.S