Les talk shows de santé : bénéfices ou risques ?

Les médias, aussi bien visuelles, auditives, écrites qu’électroniques, représentent, sans aucun doute, une aubaine pour diffuser les informations au grand public et l’information médicale en fait partie. Bien que des recherches aient suggéré que l’information véhiculée par les médias pouvait améliorer les connaissances et potentiellement le comportement du citoyen en matière de santé, certaines préoccupations avaient été évoquées quant à la qualité, la fiabilité et la crédibilité des « news » médicales présentées particulièrement à la télévision.

Les talk shows de santé les plus populaires aux States, en l’occurrence, « Dr.Oz Show », sont la cible de critiques et de scepticisme de la part des professionnels de la santé sans pour autant qu’il n’y ait eu de réelle évaluation du contenu de l’in formation médicale présentée dans ces émissions.

Dans cet objectif, une équipe canadienne s’est donnée pour mission de revoir le discours médical proposé dans ces shows, d’évaluer les recommandations fournies et de chercher les preuves scientifiques de ces recommandations.

Les investigateurs avaient sélectionné, au hasard, 40 épisodes de chaque émission : « Dr.Oz Show » et « The Doctors ». Conjointement, un groupe de réviseurs expérimentés avaient pour objectif de chercher la preuve scientifique sur laquelle se base les présentateurs de ces émissions pour avancer leurs conseils.

Il a été constaté, en se basant sur cette étude, que l’information médicale d’ordre diététique marque le show du Dr.Oz alors que « The Doctors » se basait plus sur le conseil de s’adresser à un professionnel de la santé en cas de problème.

La preuve scientifique appuyait les conseils du Dr.Oz dans 46% des cas contre 63% pour « The Doctors », contradictoire dans respectivement 15 et 14% et inexistante pour 39% des recommandations du Dr.Oz et pour 24% de celles de « The Doctors ». En moyenne, Dr.Oz donne 12 conseils par épisode contre 11 pour « The Doctors ». Un bénéfice spécifique a été mis en évidence dans 43% des consignes du Dr.Oz et 41% des consignes des quatre docteurs. Dans 0,4% des cas, des conflits d’intérêt potentiels avaient été décrits.

Ainsi, les consommateurs devraient être plus vigilants, voire même, septiques par rapport aux conseils prodigués par ces talk shows de santé puisque pas plus que la moitié de ces conseils sont prouvés scientifiquement, car contrairement aux autres variétés, le spectateur s’attendrait peut être à ce que ce soit bien plus que du simple divertissement. Ces attentes de la part du consommateur devraient faire le sujet d’études scientifiques ultérieures qui auront aussi pour objectif d’évaluer si la diffusion de telles informations influence le comportement du citoyen en matière de santé.

E.K.L