Ramadan – Les maladies aggravées par le jeûne

Le Dr Hichem. B., généraliste, explique dans ce sens : « Plusieurs maladies durables ou chroniques, nécessitant un traitement spécial ou un régime alimentaire spécifique, imposent qu’on ne jeûne pas ! Certes, il est rarement permis qu’une personne cardiaque, diabétique ou qui souffre de maladie rénale, fasse ramadan. Mais c’est au médecin traitant et à lui seul, de faire subir les examens et les analyses qu’il faut pour juger si ces patients peuvent, oui ou non, faire Ramadan. Néanmoins de manière générale, des maladies comme le diabète traité à l’insuline, l’insuffisance rénale, l’ulcère gastrique…empêchent le jeûne !

Cela dit, en cas de maladie passagère, comme la grippe, les maladies ORL aigues, les fortes diarrhées, les grandes coliques ou une hospitalisation, le sujet devrait également interrompre le jeûne dans la mesure où il risque d’attarder la guérison. Mais le malade ne peut pas juger de son libre arbitre, le médecin est là pour l’orienter et lui dire ce qu’il peut faire.

 

Les maladies de l’anti-jeûne

Globalement, les personnes qui souffrent de diabète de type 2 et qui sont traités aux sulfamides, doivent ajuster la posologie et faire contrôler plus fréquemment leur niveau glycémique. Si leur glycémie est stable, il est possible que leur médecin leur permette de jeûner.

Cela dit, durant Ramadan, les médecins rencontrent des difficultés avec les patients souffrant de maladies chroniques, notamment ceux souffrant d’hypertension même si le jeûne peut leur être bénéfique. En effet, lorsque ceux-ci ne sont pas bien pris en charge, ils risquent de détériorer leur état de santé. Raison pour laquelle, il est absolument nécessaire que toute personne ayant une maladie chronique consulte son médecin traitant, au moins un mois avant ramadan. Un taux élevé de tension artérielle ou de diabète exigent un suivi permanent. On ne peut d’ailleurs pas y remédier en un temps record.

 Les personnes souffrant de maladies du rein, d’ulcère gastrique, de maladie cardiaque sévère ou même d’un état dépressif grave et qui doivent prendre des médicaments ou consommer de l’eau (pour les malades du rein), ne doivent pas jeûner ! Il faut que les gens soient conscients de la gravité de leur état de santé. S’il est tout de même question de jeûner, et que si bien sûr leur médecin ne s’y oppose pas, ils ne doivent pas négliger les quantités et les horaires de prise de médicaments !

 

Les précautions à prendre en cas de jeûne

De manière générale, une mauvaise alimentation durant Ramadan peut causer moult problèmes. Dès l’Aïd, on constate que le nombre des diabétiques, des personnes qui souffrent de cholestérol, de triglycéride ou de maladies vasculaires et artérielles augmente nettement.

Le jeûne ne rime paradoxalement pas avec abstinence et modération, mais avec la période de tous les excès ! Après une privation, les gens ont tendance à se « venger » en mangeant de tout et de manière abusive. Il est donc tout à fait normal qu’ils soient sujets aux coups de pompe et aux maladies! D’ailleurs, plusieurs sont ceux qui se rendent compte de leurs maladies latentes après Ramadan ! Ils prennent des repas trop lourds, trop gras, trop salés ou trop sucrés. Et toute l’utilité sanitaire du jeûne n’a plus aucun lieu d’être !

L’idéal, est d’avoir le temps de maintenir les trois repas essentiels. Sauf que si l’on jeune plus de seize heures par jour, il est vraiment difficile d’assurer ces trois vrais repas !  Pour mieux gérer le temps des repas, il faudrait donc du moins choisir le bon aliment et la bonne quantité des mets.

D’ailleurs, à suivre les recommandations de l’Islam, il faudrait effectivement commencer par de l’eau pour réhydrater l’organisme, ensuite manger d’abord sucré pour ravitailler le corps et lui donner rapidement de l’énergie. On peut donc commencer la rupture du jeune avec de l’eau et des dattes suivies d’une boisson chaude. Il est conseillé de boire du thé, un café au lait, une infusion, mais comme ceci ne fait pas partie de nos habitudes, on peut se contenter de prendre une soupe.

Contrairement à ce que les Tunisiens font, le repas de l’Iftar ne doit pas être surchargé ! Il est juste censé apaiser les sensations de soif et de faim ! D’ailleurs, le jeûne implique une restriction quantitative des repas. Deux heures après, on peut enchaîner avec le vrai repas consistant qui ne doit être ni très gras ni très salé. Et le mieux serait de sortir juste après pour faire une marche de trente minutes.

Mais indépendamment des maladies, le ramadan reste bénéfique pour la santé. Une fois par an, en jeûnant, nous réactivons les mécanismes de notre corps qui ne sont pas utilisés en temps normal mais qui, en manque de nourriture ou d’eau, nous permettraient de survivre plus longtemps. Pour résumer, durant Ramadan il faut moins de sel et moins de gras pour tout le monde. Les personnes malades doivent interrompre immédiatement le jeûne et consulter le médecin traitant en cas de malaise.

 

Bibi

 Les points à retenir

 

  • Les patients souffrant d’un ulcère évolutif et ceux qui ont un ulcère cicatrisé de moins de 6 mois ne doivent pas jeûner. Seul le patient qui a un ulcère cicatrisé depuis plus de 6 mois peut jeûner. Mais le jeûne se fait sous traitement protecteur de la muqueuse gastrique et sous contrôle médical permanent. 
  • Toute maladie cardiaque non stabilisée par le traitement est une contre-indication au jeûne. Les conséquences du jeûne peuvent être graves si le malade ne suit pas son traitement et n’a pas une bonne hygiène de vie (régime non adapté, tabac, stress, nervosité…).
  • Il y a un effet bénéfique du jeûne sur la pression artérielle. L’hypertension artérielle modérée est mieux équilibrée au cours du mois de Ramadan. Mais il faut surveiller le régime alimentaire et l’apport du sel. Il faut éviter toutes les situations de stress. La prise quotidienne de la pression artérielle est souhaitable. Un suivi permanent, régulier est recommandé.
  • Les personnes diabétiques à qui le médecin a permis de jeûner doivent suivre régulièrement leur taux de glycémie, s’hydrater en abondance et ne pas manger de sucreries sans avis médical. Ceux dont le taux de glycémie est non stable ne doivent pas jeûner.
  • Les maladies rénales n’empêcheraient pas de faire Ramadan de manière systématique. Un calcul qui récidive interdit le jeûne mais tout dépend du nombre de prises des médicaments. Les maladies rénales aiguës et les infections urinaires aiguës interdisent le jeûne.  Pour les personnes souffrant d’insuffisances rénales ou les dialyses, il est fortement déconseillé d’observer le jeûne. Enfin, les patients greffés ou avec un rein unique ne doivent pas jeûner. Egalement lorsque le malade est soumis à un traitement où les prises sont fréquentes et à horaires fixes, le jeûne peut être interdit. Il faut toujours voir avec le médecin.