Ramadan et le retour aux bonnes vieilles habitudes culinaires

Généralement, il y a un retour aux plats traditionnels au cours du mois de ramadan et les repas succulents aux senteurs d’antan font leur réapparition quotidienne sur les tables de l’Iftar.

En effet, nous avons pris l’habitude des mets modernes tout au long de l’année, et l’espace d’un mois, on se réconcilie avec nos traditions culinaires. Trois semaines se sont écoulées déjà et les tables d’Iftar sont emplies quotidiennement par les plats typiquement et traditionnellement tunisiens dont notamment les « chorba frik », « tchicha », « sder », « hlelem », « h’sou » « chorbet adès »…

Si certains continuent à manger des pâtes sous formes diverses de couscous, macaronis et riz, d’autres varient les mets allant des grillades aux farces en passant par les sauces, le sauté, les fritures… sans oublier les inévitables bricks et les pâtisseries traditionnelles, confectionnées, essentiellement, avec des fruits secs, des épices, des dattes, du miel et du beurre.

Ainsi, trente jours durant, l’on privilégie les mets traditionnels, les gâteaux à l’eau de rose et les douceurs à la fleur d’oranger. C’est dire que le mois saint de Ramadan nous offre des centaines de plats, entre salés et sucrés, de toutes les couleurs. Un vrai régal pour les petits palais, certes, mais qu’en pensent les spécialistes ?

Prié de donner son avis, Dr Doghri estime qu’on peut manger de tout à condition de ne pas en abuser. « D’abord, si l’on va juger notre bonne vieille cuisine, commence t-il, je dirais qu’il s’agit d’un des meilleurs régimes alimentaires qu’on puisse suivre. Nous avons, effectivement, une cuisine méditerranéenne qui s’avère saine et très bonne pour la santé. Donc si durant le mois de Ramadan, on prépare des plats typiquement tunisiens, cela ne peut qu’être bon pour la santé ! Ce sont, donc, plutôt le genre et la quantité des repas lors de la rupture du jeûne qui font la différence.

On constate, par ailleurs, que, pendant Ramadan, plusieurs personnes prennent du poids ! Que peut-on en déduire ? Une chose est sûre est que même si l’on est à jeun durant la journée, certains mangent doublement ou, du moins, une quantité supérieure à celle prise habituellement en temps normal.

Et pourtant, si l’on se tient aux critères scientifiques et religieux, le mois saint de Ramadan est censé être celui de l’abstinence, de la réduction des mets et par voie de conséquence, il constituerait une excellente opportunité pour perdre du poids !

Mais malheureusement, ajoute Dr Doghri, on voit des personnes, souffrant de cholestérol ainsi que des diabétiques, contraintes d’être hospitalisées après le

Ramadan. Et ce, à cause des gourmandises exagérées et des repas trop copieux ! C’est dire qu’il est important de ne pas faire des excès, notamment lors de la rupture du jeûne. L’objectif n’étant pas de priver les jeûneurs des plats qu’ils aiment manger, mais d’en réduire les quantités et de ne jamais abuser de rien !

D’autre part, il ne faut pas oublier de prendre son S’hour comme on prend un petit-déjeuner. C’est un repas essentiel qui doit être consistant. En effet, un petit déjeuner typiquement tunisien et à l’ancienne avec de la mhallebia ou assida ou encore du drôo aux fruits secs ou encore du pain complet avec du huile d’olive de la ricotta et des tomates-concombres, suivis d’un bol de lait et des fruits, serait vraiment excellent pour le S’hour !

Il va de soi que pour la rupture du jeûne, il est préférable, voire obligatoire, de doubler la prise des repas. Le mieux serait de prendre un repas au moment de la rupture du jeune qui ne soit pas trop consistant, et d’en prendre un autre trois heures après. Cela revient à dire qu’il faut essayer de maintenir les trois repas pris, habituellement, durant les 24 heures sans tomber dans les excès…

Pour revenir au contenu des menus, Dr Doghri estime qu’un bon plat de couscous avec ses céréales et ses légumes, un bon plat de macaroni avec ses herbes et ses pâtes, un plat de sauce, de grillades ou de poisson, un plat de tajine ou de viande farcie, un rôti font l’affaire…

Tout cela est très bon pour la santé ! Mais il est bon de savoir qu’il ne faut pas abuser des bricks, des fritures, des viandes grasses et surtout des sucreries le soir.

En résumé, on peut manger de tout ou presque de ce dont on a besoin, l’essentiel et l’important est qu’il ne faut pas dépasser un certain seuil de la « dose » permise.

 

Mounir Ben Hédi