Les phyto-nutriments, ces produits anciens nouveaux

symposuim-sante-tunisie-1On ne le répètera jamais assez, dame nature regorge de ressources dont la médecine en a fait usage depuis bien longtemps. Parmi ces richesses, on en dénombre celles du règne végétal et les phyto-nutriments en font partie. C’est autour de ces produits que s’est tenu le symposium organisé par le laboratoire JALDES et présenté par Dr Benedicte Aptel, médecin nutritionniste et responsable de la recherche et du développement au sein du laboratoire JALDES, en marge des Journées Laser au cours du mois de Mars 2015.

Pour définir les phytonutriments, Dr Aptel a précisé qu’« il y a trois groupes de nutriments: les macronutriments, des composants fournissantde l’énergie (les glucides et les lipides), les micronutriments qui n’ont aucun apport énergétique mais qui sont des cofacteurs indispensables à l’ensemble des réactions métaboliques et biologiques ( vitamines, minéraux, oligoéléments) et le 3ème groupe constitue les phytonutriments, des substances fabriquées par les plantes, qui nous protègent grâce à des éléments comme les caroténoïdes et les polyphénols.

Les phytonutriments sont en effet des métabolites produits par les plantes pour les aider à se protéger des agressions animales ou environnementales notamment des rayonnements UV. On distingue les métabolites azotés et non azotés».

C’est à travers deux exemples de plantes, la Bardane et la pâquerette, que Dr Aptel a essayé au mieux d’illustrer les atouts de ces métabolites.

« La Bardane, appartenant à la famille des Astéracées, contient des composants phénoliques qui ont des propriétés anti-oxydantes, anti-inflammatoires, anti-infectieuses, antibactériennes et antifongiques.

Les polyènes et les polyines,  du groupe des polyacétylènes, sont les deux composants sur lesquels reposent les activités antibactériennes de la Bardane.

Par ailleurs, l’usage traditionnel de la Bardane comprend aussi le traitement des problèmes dermatologiques susceptibles de se surinfecter tels que les dermatoses purulentes, les abcès ainsi que les dermatoses des zones séborrhéiques et cela grâce à ses propriétés dépuratives et séborégulatrices ».

D’autre part et afin de mieux cerner le mécanisme d’action de ces différents composés, Dr Aptel a ajouté qu’ « au cours de leur évolution et pour se protéger des rayonnements UV, les plantes développent, à partir de mutations géniques, les flavonoïdes qui sont performants pour absorber les ultra-violets et pour lutter contre le stress oxydant provoqué par ces rayons. Et en comparant les voies métaboliques de synthèse des flavonoïdes des plantes à celles des mélanines de l’homme, on voit qu’il y a une similitude saisissante entre ces deux processus. Les  flavonoïdes sont activés dés qu’il y a une agression extérieure (rayons solaires, sécheresse, température élevée) ou encore en cas de toxicité due à certains métaux lourds. L’activité anti-oxydante des flavonoïdes va  reposer sur la présence de radicaux hydroxyles OH capables de produire des électrons et d’arrêter le stress oxydatif. C’est tout le rôle des flavonoïdes qui sont très riches en ces radicaux hydroxyles d’où leur puissante efficacité anti-oxydante ».

Dr Aptel a insisté sur la similitude et la parenté chimique entre mélanines animales et humaines et flavonoïdes. Rappelons que la mélanine est l’ardent défenseur de la peau contre les agressions externes. C’est le pigment photoprotecteur capable d’absorber, d’une part, les radiations UV et d’autre part de neutraliser les radicaux libres et donc de limiter le stress oxydatif. La mélanine est aussi capable de chélater certains métaux comme le fer et le cuivre, lesquels sont pourvoyeurs de radicaux libres extrêmement toxiques pour notre santé.

Sur le plan physiologique, la tyrosine est transformée en DOPA puis en mélanine avec le concours d’une enzyme appelée tyrosinase. Des similitudes structurales existantes entre DOPA et flavonoïdes font que ces derniers, en se fixant sur la tyrosinase par effet de compétition avec la DOPA, vont bloquer l’enzyme et derrière la synthèse de mélanine.  

Ainsi donc ces flavonoïdes synthétisés par les plantes pourraient avoir à la  fois un effet inhibiteur sur la synthèse de la mélanine et un effet protecteur antioxydant ».

En deuxième exemple de plantes riches en phytonutriments, Dr Aptel a présenté la pâquerette « L’extraction aqueuse des fleurs de cette plante permet d’obtenir des extraits phénoliques concentrés, plus exactement des acides phénoliques et des glycosides de flavonoides. Ces substances vont agir comme inhibiteurs de l’activité de la tyrosinase comme ça a été expliqué précédemment ».

En conclusion, l’intérêt de ces plantes c’est d’en tirer le plus grand bénéfice pour un effet anti-oxydant et protecteur optimal. Ainsi ces phytonutriments semblent être, souvent en association avec des micronutriments, comme de bons remèdes au relais des thérapies médicamenteuses ou des thérapies physiques comme le laser, mais ce sont aussi d’excellents candidats en prévention de l’apparition de lésions dues à des troubles de la pigmentation ».

En Tunisie, il existe deux produits (compléments alimentaires) qui contiennent les extraits des plantes sus-citées. Il s’agit de l’ARBUM, sous forme de comprimés, en ass
ociation avec des micronutriments (vitamine B) et des antioxydants en particulier du Zinc.

Il y aussi l’extrait de pâquerette, présent sous forme de crème et doté d’un effet bénéfique contre le vieillissement des mains.

B.H.S

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Dr Benedicte Aptel, médecin nutritionniste et

responsable de la recherche et du développement

au sein du laboratoire JALDES,