Les boissons énergisantes : potion magique ou potion maléfique ?

Les adolescents et les adultes jeunes sont les principaux consommateurs de ces boissons notamment les gens empressés, les personnes fatiguées et les noctambules. Leur interdiction dans certains pays européens tels que la France ou leur vente exclusive dans les pharmacies et sur prescription médicale en Norvège ne serait pas sans cause. En effet, leur inocuité est douteuse et leur efficacité est discutable.

Les boissons énergisantes sont, pour la plupart, à base d’excitants. Elles sont fortement dosées en caféine, réputée pour entraîner à forte doses, une accélération du rythme cardiaque, une insomnie, un excès de nervosité, de l’agitation et de l’excitation.  Bref, cette susbstance agit en sprintant toutes les réactions métaboliques de l’organisme. Les normes internationales fixent l’apport quotidien de caféine à 80mg, cependant les boissons énergisantes peuvent en contenir plus, même beaucoup plus. Ces boissons ont de plus une teneur élevée en sucres, de ce fait, boire une seule canette peut couvrir les besoins journaliers en sucres et même ajouter des calories indésirables qui favoriseraient le surpoids et l’obésité. Certains fabricants remplacent le sucre par les édulcorants. Ces derniers sont des ingrédients qui ont un goût sucré sans pour autant apporter des calories.

La taurine et la glucuronolactone sont, cependant, les composés qui sont source de débat quant à leur intégration dans la composition de ces boissons. Naturellement présente dans l’organisme, la taurine est un acide aminé (partie d’une protéine) qui agit comme transmetteur de messages entre les cellules nerveuses, qui renforce la contractilité du muscle cardiaque et qui intervient dans la digestion des lipides. L’hypothèse de son action sur l’amélioration de la vigilance n’a été, jusqu’à nos jours, prouvée par aucune étude scientifique.

La glucuronolactone est le fruit de la transformation, dans le foie, du sucre ingéré. Il semble qu’elle améliorerait les performances physiques et permettrait de se revigorer pendant l’effort mais là encore, aucune preuve scientifique n’a été fournie.  A fortes doses, la glucuronolactone serait toxique pour les reins.

Certaines boissons contiendraient des extraits de plantes qui, d’après les fabricants, fournirait un plus d’énergie mais encore une fois pas de travaux scientifiques qui conforteraient cette hypothèse. Parmi ces plantes, on citera le guarana qui est particulièrement nocif puisqu’1g de guarana est l’équivalent de 40mg de caféine, or certaines boissons en contiendraient des taux très élevés de cet extrait herbal.

Tous les effets secondaires sus-cités amènent à essayer de modérer la consommation de ses boissons et si possible de ne pas en consommer du tout, car leurs étiquettes affichent des taux élevés, bien plus élevés que la dose journalière dont on a besoin particulièrement en ce qui concerne la caféine.

Une étude américaine incluant 795 étudiants a conclu que les grands consommateurs (six fois ou plus par mois) avaient trois fois plus de risque que les faibles consommateurs ou les non consommateurs de fumer ou d’abuser des médicaments ou de se livrer à des actes de violence.

De plus en plus d’industriels mélangent ces breuvages énergisants à de l’alcool à un tel point que certains titrent jusqu’à 6% d’alcool. Un mélange qui peut s’avérer désastreux pour la santé car il peut en résulter des troubles du comportement et en cas de consommation accrue, des troubles digestifs, des tremblements ou une arythmie cardiaque peuvent en découler. D’autant plus que la caféine peut entraver les effets recherchés par la prise d’alcool ce qui peut amener à en consommer de façon abusive et même à en devenir dépendant.

Ce qui est remarquable également c’est que cette association de boissons énergisantes et d’alcool à attiré plus de disciples particulièrement parmi la gente féminine. Attention, en boire tout en étant enceinte ou allaitante est fortement déconseillé car ça peut entraîner des complications aussi bien pour maman que pour bébé. On ne dispose actuellement d’aucune donnée scientifique en ce qui concerne les éventuelles malformations du bébé que peut entraîner la consommation de telles « potions ».

Eviter d’en consommer ou à consommer avec modération est le principal conseil à fournir, mais aussi à déconseiller chez les enfants, les adolescents et contre-indiqué chez la femme enceinte et qui allaite. Il serait souhaitable de ne pas en boire pendant l’activité physique car leur teneur accrue en sucres pourrait engendrer des troubles digestifs indisposants. Les mélanger avec de l’alcool, toutes catégories confondues, est à proscrire.   

 

E.K.L