Le S’hour, un repas à prendre… absolument !

Une des traditions, qui était accompagnée d’un rituel presque sacré au cours du mois saint de Ramadan, est sans nul doute, celle de la collation du S’hour qu’on prend avant l’heure de l’abstinence.

Il y en a ceux qui prennent le S’hour, après avoir pris un bon sommeil de quelques heures. Ils se lèvent, donc, au dernier moment pour manger et prendre un repas presque complet avant de se rendormir.

D’autres font prolonger la veillée jusqu’à une heure tardive pour prendre ce fameux S’hour avant de dormir. Chacun ses habitudes, ses traditions et ses préférences. Mais il y a une autre catégorie qui passe la soirée à grignoter et se contentent de juste une gorgée d’eau avant de se mettre au lit, étant persuadés que cela n’a aucune incidence. Mais est-ce suffisant ? Surtout que le mois du jeune coïncide, cette année, avec la saison des grandes chaleurs et les longues journées d’été, ce qui nécessite seize heures, voire davantage, d’abstinence !

Pour en savoir plus sur les tenants et les aboutissants de cette collation et de son importance quant à la faculté d’observer le jeûne sans dangers, Dr Taïeb Doghri, professeur en nutrition, passe en revue, pour les lecteurs de Sante-tn, l’importance de cet ultime repas de la journée qu’est le S’hour pour que l’on puisse supporter et résister durant ces longues heures d’abstinence se passent dans les meilleures conditions possibles.

« Cela fait déjà des années que le jeûne dépasse largement les 12 heures par jour. Autrement dit, on passe plus de la moitié de la journée, au moins, à s’interdire de manger et de boire. Cette année, l’abstinence de manger et de boire va de 3heures du matin jusqu’au coucher du soleil, soit vers 19h30. Cela nous fait plus de16 heures de jeune.

Le dernier repas, le s’hour, est ainsi pris, généralement, aux alentours de 3 heures du matin. Et comme l’intervalle de temps, est trop court, il fort difficile de pouvoir prendre un autre vrai repas entre l’Iftar et le S’hour. A part quelques grignotages…

Dans ces conditions, l’organisme, ajoute Dr Doghri, manquera d’eau et d’énergie. D’où les risques sérieux pouvant découler de cette longue période de jeûne, dont notamment la fatigue, les vertiges et la somnolence qui peuvent s’associer à d’autres signes plus graves et plus gênants.

Il va sans dire, ainsi, que lorsqu’on jeûne en été, l’on doit faire face, surtout, à de longues heures de soif. Plusieurs personnes estiment qu’en buvant tout le long de la soirée, on peut bénéficier de réserves en eau durant les heures de jeûne. Or, il s’agit d’un préjugé complètement faux et erroné, pour la simple et pure raison que l’eau ne se réserve pas dans l’organisme. En effet, l’eau se perd à travers l’urine, la transpiration et même à travers la respiration.

Il est, certes, fort conseillé de boire des liquides, essentiellement de l’eau, mais aussi et surtout les boissons, les infusions et les jus, histoire de se réhydrater suite à de nombreuses et longues plusieurs heures de soif, mais je dois insister sur le fait qu’il faut consommer beaucoup de salades, de légumes, de fruits et du lait.

Ensuite et pour le S’hour, il est indispensable que cette collation nous fournisse le maximum possible d’énergie et d’apport en eau. L’idéal, lors du repas du S’hour serait donc qu’il contienne du lait, des fibres, lus précisément, des céréales et, bien entendu, des légumes et des fruits.

Des personnes croient qu’ils peuvent remplacer le lait par du fromage ou du yaourt, ce qui n’est pas vrai dans le sens où ces produits ne sont pas d’une grande efficacité durant le mois de jeûne, plus spécifiquement quand le mois saint coïncide avec la saison estivale. Il faut, donc et absolument, boire du lait au S’hour, sachant que le lait met, justement, trois à quatre heures pour être digéré. Autrement dit, pendant ces heures, le corps humain s’octroie une bonne marge de stockage de l’énergie.

Il est, également, très bénéfique de manger des tomates et du concombre qui sont riches en eau et qui mettent du temps à se dissoudre dans les intestins, ce qui met notre corps à l’abri de toute éventuelle déshydratation. Sans oublier que la consommation des pastèques, lors du repas du S’hour ou même durant toute la soirée, est bénéfique pour la santé

Pour conclure, Dr Doghri, assure que le s’hour demeure très important. En aucun cas, il ne faut sauter ce repas
si l’on tient à éviter toute éventuelle complication pour la santé.

Par ailleurs, Dr Doghri estime qu’il faut éviter les produits gras, les œufs, les conserves, les produits très salés et autres variétés de viande et de sucrerie. Tous ces aliments sont à prendre avec beaucoup de modération dans la mesure où la majorité d’entre eux sont nuisibles pour la santé, affirme t-il avant d’ajouter que les seuls aliments qu’on peut consommer sans la moindre crainte et sans modération, ce sont, notamment, le lait, les fruits et les légumes.

 

Mounir Ben Hédi

 

 

 

 Dr Taïeb Doghri, professeur en nutrition