Les médecins déterminés à aller jusqu’au bout dans leur combat contre le projet du travail obligatoire

A l’issue de la réunion de son Assemblée générale, tenue le 16 janvier 2014, le Syndicat des médecins, pharmacien et médecins dentaires hospitalo-universitaires a rendu publique une motion dans laquelle ils : expriment leur indignation quat à l’immobilisme des autorités de tutelle face à la situation très difficile que vivent les hôpitaux universitaires, privés de 2500 résidents en médecine depuis plus deux semaines,
réaffirment leur solidarité sans conditions aux étudiants, internes et résidents de médecine dans leur lutte pour faire abroger le projet de loi 38/2013 concernant le travail obligatoire des nouveaux médecins spécialistes,  annoncent l’arrêt de toute activité clinique non urgente (consultations, chirurgie, exploration…) dans tous les hôpitaux universitaires devant l’impossibilité d’y faire, conséquence du nombre réduit des médecins, (une assemblée générale est prévue ce jour à la faculté de médecine de Tunis pour confirmer cette décision majeure)
appellent à la solidarité effective des séniors des autres spécialités avec les médecins urgentistes portes, poursuivent la suspension de toutes les activités universitaires.

D’autre part, les médecins en sit-in sont en train de mener des activités utiles et originales. Ainsi, des campagnes de sensibilisation au don du sang et à la lutte anti-tabac sont menées depuis le 16 janvier à la faculté de médecine de Tunis, des journées d’orientation et de conseils seront organisées et destinées aux nouveaux résidents pour les aider à choisir leur future spécialité.

Par ailleurs, des tournées seront effectuées par les séniors à traves les services des hôpitaux pour expliquer la loi en question et parler de l’état des négociations, des expositions auront lieu pour illustrer l’état des lieux dans les hôpitaux de toute la Tunisie.

On notera que des opérations de dépistage du diabète, de l’HTA et du cancer du sein seront menées à l’Avenue Habib Bourguiba durant la semaine du 18 au 25 janvier 2014 (les dates exactes seront fixées ultérieurement).

On constate, ainsi que le corps médical est déterminé à aller jusqu’au bout dans son action en vue de faire tomber ce projet de loi qui veut forcer la main, avec des décisions unilatérales, aux hospitalo-universitaires et de faire plier l’autorité de tutelle surtout que le ministre de la Santé, en se cachant derrière l’Assemblée nationale constituante, a l’air d’en faire une affaire personnelle en engageant un bras de fer au détriment de la santé des citoyens.

Et à l’instar des magistrats qui, grâce à leur solidarité et leur abnégation, allant jusqu’à menacer d’une démission collective des juges, ont fini par faire plier cette ANC, les médecins affirment qu’ils sont déterminés à aller, eux aussi, jusqu’au bout et, pourquoi pas, menacer de démission collective du secteur public.

Mais ces mêmes médecins espèrent qu’ils n’auront pas à aller jusque-là et que le département de la Santé et l’ANC auront suffisamment de sagesse pour annoncer l’annulation du fameux projet de loi et d’entamer de véritables discussions en faveur d’une réforme globale et profonde de la profession et de l’infrastructure de base y afférente.

Noureddine Hlaoui