Tunisie – Controverse autour du projet de création de 3 facultés de médecine

 

faculte-medecine-creationLe projet, annoncé par le gouvernement tunisien portant création de trois facultés de médecine dans les régions du Kef, de Sidi Bouzid et de Médenine a suscité une large controverse dans plusieurs cercles.

 

Selon le gouvernement, ce projet a pour objectif final la réduction de l’écart entre les régions côtières et celles de l’intérieur et constitue un premier pas vers le rééquilibrage des disparités régionales en Tunisie.

 

Si l’intention est, certes, louables, il n’en demeure pas moins que nombreux sont les professionnels de la santé qui s’interrogent sur la pertinence d’une pareille initiative. Tout d’abord, et en supposant que les dites facultés soient opérationnelles dès aujourd’hui, le premier médecin spécialiste qui pourrait en être diplômé n’en sortirait que dans un délai minimum de … 11 ans !…

Les mêmes professionnels de la santé et surtout de l’enseignement de la médecine assurent qu’il est inconcevable de créer une faculté de médecine en l’absence d’un centre hospitalo-universitaire à proximité. En effet, tout le monde sait que les deux tiers de l’enseignement de la médecine se font au sein d’un hôpital et non dans une faculté.

Enfin, il est bon et important de mentionner que contrairement, à ce qui a été affirmé par le gouvernement, les doyens des facultés de médecine et les présidents des conseils nationaux des ordres des médecins et des pharmaciens n’ont, à aucun moment, été consultés pour l’élaboration de ce projet de facultés de médecine dans les régions comme ils l’ont exprimé dans un communiqué daté du 28 novembre 2013. (Lire, en bas de cet article, le texte intégral du dit communiqué).

Ce projet pose, par ailleurs des questions sur le plan de la forme dans la mesure où ce fameux projet n’est nullement prévu dans les budgets de l’Etat 2013 et 2014.

 

Devant le tollé général soulevé par ce projet trop flou, le ministre de l’Enseignement supérieur, Moncef Ben Salem, a tenté d’en atténuer la portée et d’apporter certains rectificatifs, lors d’une déclaration accordée à Shems FM datée du 26 novembre 2013. Il a tenté, en effet, d’expliquer qu’il s’agissait, plutôt, de « pôles » médicaux qui doivent « rayonner », selon ses propres termes, sur plusieurs régions autres que celle où ces « pôles » seront implantés.

Mais cela ne fait qu’ajouter à l’opacité et au manque de crédibilité du projet en question…

 

Noureddine. H

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