Tunisie – Alerte à un système de santé qui croule !

Alerte-systeme-santeLa ligue nationale de la santé et de l’action sociale est un nouveau groupe de militants démocrates (chef d’entreprises, avocats, consultants..) qui s’activent dans le domaine associatif. Cette ligue a vu le jour il y a quelques mois et dont l’objectif est de contribuer à conserver les acquis des droits humains, à faire évoluer la société, à apporter un soutien aux personnes défavorisées et à travailler dans le but de devenir un réseau et par la suite une ONG (organisation non gouvernementale) active.

La méthodologie de la ligue repose sur l’information et le débat, l’organisation de réunions dans les régions pauvres et le soutien à l’implantation des micro-entreprises avec comme objectif la défense du pouvoir d’achat et l’optimisation des services rendus au grand public dans tous les milieux (milieu professionnel, milieu scolaire, milieu carcéral…).

 

La ligue nationale de la santé et de l’action sociale a organisé une journée le vendredi 15 mars dans une clinique des berges du Lac et dont le thème était la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM). La conférence a été présentée par Dr Ridha Kechrid.

« A partir de la loi 71 de 2004, la couverture, qui a été différente entre fonctionnaires du secteur public et du secteur privé, a été unifiée en vue de solidariser et d’égaliser les droits. Par conséquent, l’assuré a une liberté du choix pour le mode de prise en charge. Ainsi, pour les soins en ambulatoire, 24 maladies chroniques bénéficient d’une prise en charge intégrale et en cas d’hospitalisation, il y a les tickets modérateurs pour le secteur public et pour le secteur privé, l’accès se fait dans le cadre d’une liste limitative de pathologies chirurgicales (sur avis des chirurgiens) fixée par arrêté.

Le nombre de médecins conventionnés avec la CNAM a nettement augmenté depuis 2007. Ainsi les médecins généralistes sont passés de 1782 en 2007 à 2768 en 2011. Le nombre de médecins spécialistes a grimpé de 823 à 3227 en 2011, celui des dentistes de 54 en 2007 à 2102 en 2011, celui des pharmaciens de 1579 à 1956 et celui des kinésithérapeutes de 91 à 2007 à 599 en 2011.

 

Dr Kechrid a également précisé que, devant l’augmentation permanente du nombre de personnes aussi bien en cas d’affections prises en charge intégralement (de 89 800 à 586 000) qu’en cas d’interventions (de 13 675 à 50 150), les dépenses sont passées de 3,2 à 20 millions de dinars .

Les dépenses de la CNAM comprennent, entre autres, des médicaments spécifiques et coûteux comme les anticancéreux et les statines, l’hémodialyse et les interventions cardio-vasculaires.

Donc, globalement, au jour d’aujourd’hui, il y a 3,4 millions de cartes de soins, 7 millions de bénéficiaires, 600 000 malades chroniques et 11 000 professionnels de la santé. Mais des points faibles existent, tout de même, et ces derniers ne sont pas prêts de disparaître d’ici peu. Ces points faibles consistent en le déficit chronique de la CNAM, un déficit qui ne cesse de s’alourdir ainsi qu’une procédure complexe d’accès aux soins. Se pose aussi le problème du plafonnement de la prise en charge des soins ambulatoires dans le privé, ce concept n’a pas été révisé depuis 6 ans comme, d’ailleurs, la liste des affections prises en charges intégralement.

Devant ces maints problèmes et le déficit financier, les solutions qui se présentent consistent à augmenter la cotisation ou diminuer la qualité et le type des soins octroyés, que faire entre le marteau et l’enclume ? et là toute la question.

 

Dr Slim Ben Salah, chirurgien pédiatre de libre pratique, appelle à une solution urgente car en l’absence d’issues, c’est la catastrophe inévitable. Il a abordé le problème de la dégradation de l’hôpital et de l’hémorragie incessante des médecins dont les démissions ne sont pas prêtes de s’arrêter.

D’après Dr Ben Salah, « l’hôpital doit toujours être le lieu de départ et de formation continue des professionnels de la santé. Cette formation se doit d’être accréditée (l’accréditation ou la certification définit un nombre minimal de crédits à remplir qui autoriseraient à exercer), formateurs et étudiants doivent être accrédités ».

Entre révision urgente du système de soins, transparence des chiffres de l’état actuel des lieux, amélioration de la qualité des soins à l’hôpital et accréditation de la formation des professionnels de santé, il y a du boulot à faire et à refaire.

 

E.K.L

 

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