Point de presse sur le diabète à l’Institut de Nutrition

Point-de-presse-diabete-institut-nutrition-education-prevention-tunisie-santeLe mot d’ordre : « éducation et prévention»

 

L’Institut de Nutrition et de Technologie Alimentaire de Tunis a tenu, samedi un point de presse. Et ce, pour présenter les préparatifs quant à la célébration de la Journée Mondiale du Diabète qui sera célébrée le 14 Novembre.

«Diabète : éducation et prévention », tel était le thème choisi pour célébrer la journée mondiale du diabète et ce, depuis 2009 et jusqu’à l’an 2013. Le point de presse organisé par l’Institut de Nutrition de Tunis tenu samedi dans ce cadre, a justement mis l’accent sur l’importance de l’éducation et de l’instauration d’une nouvelle culture préventive contre le diabète. « Il s’agit d’une campagne de qui vise à sensibiliser les Tunisiens quant à l’importance du dépistage précoce du diabète. » explique Dr Leila Alouane, professeur en nutrition, de l’Institut National de Nutrition.

Et d’ajouter : « Nous espérons que la journée portes-ouvertes qui aura lieu le 14 novembre, au siège de l’Institut accueille des gens qui ne se savent pas diabétiques ou qui doutent de l’être. Les personnes qui seront présentes parmi nous bénéficieront du dépistage gratuit. Si le dépistage s’avère positif, l’on va s’assurer que le sujet soit bien diabétique. Une fois ce diagnostic confirmé, le patient ne sera pas livré à son propre sort. Nous allons le prendre en charge, moyennant un bon encadrement.

Nous serons, également, à sa disposition pour répondre à ses éventuelles questions et lui expliquer les traitements dont il aura besoin. Mais nous allons surtout lui expliquer comment il peut cohabiter avec cette maladie chronique à travers une bonne hygiène de vie. Nous avons, également, fait appel à un médecin de la CNAM qui, lors d’une table ronde, répondra aux éventuelles questions des patients à propos des remboursements. Un spécialiste de la psychologie sera également parmi nous afin d’offrir l’aide et le soutien psychologiques adéquats aux patients.

Nous avons, cette année, pris une nouvelle initiative en mettant des cartes de diabétique à la disposition des malades. Cette carte sera distribuée à tous. Son utilité ? Lorsqu’un diabétique souffre d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie et qu’il s’évanouit, l’entourage saura déterminer ce dont il souffre et quels sont les soins urgents qu’il faut lui dispenser. Parce que, généralement, on offre à tort et à travers à des personnes évanouies de l’eau et du sucre. Mais ceci ne s’avère pas toujours adéquat ! De plus, si le malade est envoyé vers les urgences, les urgentistes sauront qu’il s’agit d’un diabétique et de quel genre de diabète souffre-t-il, et ceci les aidera à les prendre en charge au plus vite.

Il est en effet, plus discret qu’on porte une carte sur soi au lieu de porter des badges ou des bracelets. Ces gadgets sont visibles par tous, le patient risque d’être stigmatisé par son entourage. Or, ceci pèse sur son psychique. Il est donc préférable qu’il porte seulement une carte et qu’elle ne soit utile qu’en cas d’urgence.

 

Cibler les jeunes personnes

L’objectif auquel nous aspirons, c’est que les gens ne soient pas sensibilisés seulement durant un jour, soit le 14 novembre, précise Dr Alouane ! Nous avons donc prévu un ensemble d’activités qui s’écoulera sur toute la semaine. En collaboration avec le ministère de l’Education et le ministère de la Jeunesse et des Sports, nous avons prévu de mobiliser une équipe médicale pour qu’elle se rende dans les lycées installés dans le gouvernorat de l’Ariana. Le but est de sensibiliser les jeunes et les adolescents. Ces visites auront lieu à partir du 30 novembre et s’étaleront le long d’une semaine.

En un second temps, les élèves seront incités, après les vacances de l’hiver, à présenter des travaux de création artistique portant sur l’importance d’effectuer des exercices sportifs pour prévenir le diabète. Ces travaux vont permettre aux jeunes de sensibiliser eux-mêmes leurs pairs. Au final, les élèves qui auront fait les meilleurs travaux auront droit à des prix qui stimuleraient leur envie de s’activer davantage, ces prix iront, notamment, des vélos aux chaussures sportives en passant par les ballons.

En parallèle, des élèves accompagnés de leurs parents se déplaceront dans l’intérieur du pays. Les parents auront droit à des dépistages gratuits et les élèves, quant à eux, vont devoir bouger et donc seront initiés à l’activité physique.

A partir du mardi 13, et en collaboration avec le ministère de la Culture, la grande arcade de Bab Saâdoun sera décorée en bleue, couleur qui représente l’Association Mondiale du Diabète. Le but est d’attirer l’attention du plus grand public passant par ce carrefour de grande circulation.

Nous mettrons, également, un numéro vert à la disposition du grand public et ce, le long de la semaine, deux jours après le 14 novembre soit le 71 577 535 ; le 71 577 533 et le 71 577 536. Sur ces trois numéros, disponibles dès le 16 novembre, des personnes seront à l’écout
e des gens et vont répondre à toutes leurs interrogations à propos du diabète. Il faut, en effet, que le malade comprenne sa maladie pour qu’il puisse cohabiter avec elle.

Parce que le diabète est une maladie chronique qui, certes, ne pourra pas être guérie, mais qui reste gérable moyennant une bonne hygiène de vie (sans tabac, régime alimentaire sain et équilibré et des exercices physiques), mais aussi à travers un bon suivi médical avec le respect du traitement. C’est le seul moyen pour que le diabétique évite les éventuelles complications qui peuvent s’avérer très graves voire parfois mortelles allant de l’amputation des pieds à la cécité pour arriver jusqu’à la dialyse. Et c’est justement l’objectif de ces multiples actions de sensibilisation que nous allons entreprendre ».

 

Le diabète en chiffres

Il y a dix ans à peine, les diabétiques n’étaient que 150 millions de par le monde.  Nous parlons aujourd’hui, d’environ 300 millions de diabétiques! Et l’on pourrait atteindre 435 millions de cas d’ici 2030 !

Le diabète est la première cause de cécité chez les personnes âgées de moins de 65 ans. Les personnes diabétiques qui décèdent avant cet âge représentent 48% ! Les personnes diabétiques meurent principalement des accidents cardiaques. Chaque année, plusieurs personnes se font amputer du pied suite au diabète.

En Tunisie, même s’il n’existe pas encore de registre qui fixe la prévalence exacte du diabète, la Transition Epidémiologique et impact sur la Santé en Afrique du Nord, suite à une enquête faite en 2005, a parlé d’une prévalence de 5,2% chez les 35-44, de 10,7% chez les 45-54, de 17,8% pour les 55-64 et de 20,3% chez les 65 ans et plus !

En effet, le diabète se présente comme un fléau. Le fait de le combattre est l’une des véritables urgences nationales en matière de santé.

 

Bibi Chaouachi

 

{gallery}/sante/diabete institut de nutrition{/gallery}