Mobiliser les efforts des Etats africains pour la réalisation des objectifs du millénaire dans le domaine de la santé

TUNIS – Les travaux de la conférence de haut niveau entre les ministres africains des Finances et de la Santé sur le thème « Optimisation des ressources, soutenabilité et redevabilité dans le secteur santé » ont démarré, mercredi à Gammarth.

Placée sous les auspices de la Banque Africaine de Développement, la conférence dont les travaux se poursuivront pendant deux jours, est organisée par l’Harmonisation pour la santé en Afrique (HHA) en collaboration avec l’Union africaine (UA) et la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (PMNCH) et l’Alliance Mondiale pour le personnels de la santé (AMPS).

L’objectif de la rencontre est de stimuler le dialogue et renforcer le leadership et la collaboration entre les ministères africains des finances et de la santé pour un financement public, privé et extérieur plus efficace du secteur de la santé, en plus de la recherche de nouveaux partenariats dans le domaine à l’instar du partenariat sud-sud, du partenariat avec le secteur privé et des donateurs non traditionnels.

La conférence est un suivi du dialogue sur le financement de la santé qui a débuté au cours de la conférence des ministres des Finances de l’Union Africaine et de la planification et développement économique de la CEA à Addis Abeba en mars 2011.

La conférence sera couronnée par l’adoption de la déclaration de Tunis et d’un cadre d’engagement et d’action qui aidera les gouvernements à faire participer les partenaires concernés à des programmes concrets pour faire avancer l’agenda santé.

Prennent part à ces assises les ministres africains de la Santé et des Finances, près de 300 participants de plus de 40 Etats et les président de six organisations internationales oeuvrant dans le domaine de la santé ainsi que des parlementaires, des représentants d’universités et d’experts étrangers venus, notamment, de l’Inde, Chine, Brésil, Vietnam, Suède et Mexique.

Le Chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jebali a souligné, dans une allocution à l’ouverture des travaux, que les Etats africains sont appelés, pour parvenir à la réalisation des objectifs du millénaire dans le domaine de la santé, à mobiliser les efforts afin de pouvoir respecter leurs engagements s’agissant, notamment, de la santé de la mère et de l’enfant, de l’éradication des maladies transmissibles comme le sida et le malaria et de la réalisation de la santé pour tous.

Il a, à cet égard, mis l’accent sur l’importance de renforcer les budgets alloués au secteur de la santé, à réformer les systèmes de financement de la santé en se basant sur les critères efficacité et transparence et en mettant en place des systèmes d’analyse des coûts. Il s’agit, en outre, a-t-il indiqué de renforcer la décentralisation du secteur de la santé et de promouvoir la bonne gouvernance.

Le Chef du gouvernement a fait savoir que le gouvernement se penche, actuellement, sur le dossier de la gratuité des soins pour les familles démunies dans le sens d’augmenter le nombre des bénéficiaires. La Tunisie encourage, a-t-il dit, la création d’organisations caritatives qui prendra en charge les dépenses de soins des personnes nécessiteuses.

M. Hamadi Jebali a indiqué que les ministères tunisiens de la Santé et des Finances se penchent, actuellement, sur l’élaboration d’un plan stratégique visant à compresser les dépenses et à mieux exploiter les ressources disponibles, à travers, notamment, le renforcement des programmes de prévention des maladies chroniques, l’évaluation continue du rendement des professionnels de la santé et la mise à niveau des établissements de santé.

Le ministre tanzanien des Finances William A. Mgimwa a souligné, à cette occasion, que l’investissement durable dans la santé contribue, nécessairement, à l’amélioration de la productivité et à la réalisation de la croissance économique requise. Il a indiqué que les budgets réservés à la santé dans les pays africains sont les plus faibles à l’échelle internationale.

Pour sa part, le président de la BAD, Donald Kaberuka a indiqué qu’en dépit des progrès réalisés dans le domaine de la santé en Afrique, s’agissant, notamment, de la lutte contre la mortalité maternelle et infantile et de la lutte contre la tuberculose et la malaria, les réalisations demeurent en deçà des aspirations des peuples du continent.

Il a appelé à optimiser l’exploitation des technologies modernes et à les rapprocher des catégories les moins favorisées.

La directrice générale de l’organisation mondiale de la santé Margaret Chan a mis l’accent sur la nécessité de trouver les financements nécessaires pour faire évoluer le secteur de la santé à un rythme plus soutenu.

Elle a indiqué que 22 Etats africains peuvent disposer d’une enveloppe de 1,4 milliard de dollars en procédant, uniquement, à l’augmentation de la taxe sur le tabac.

Margaret Chan a mis l’accent sur l’importance des bases de données dans l’analyse de la situation épidémiologique et l’élaboration des politiques nationales dans le domaine de la santé.

Les principaux thèmes de la conférence ont trait à l’optimisation des dépenses publiques dans le domaine de la santé, l’optimisation des dépenses privées (l’assurance maladie comme un outil pour améliorer l’efficacité et l’équité), l’amélioration de l’assistance extérieure et la recherche de nouveaux partenaires (partenariats sud-sud et partenariat avec le secteur privé et des donateurs non traditionnels).

 

TAP