Médecins en formation vs ministère de tutelle : Tiraillements pour un projet controversé

SIRT-Manifestation-ANC-2013-4La situation ne cesse de se tendre entre les internes et les résidents en médecine, d’un côté, et le ministère de la Santé, de l’autre, concernant le projet de loi qui impose aux médecins de travailler dans les régions défavorisées pendant trois ans, une fois devenus spécialistes.

 

Dr Jed Henchiri, secrétaire général du SIRT (Syndicat des Internes et des Résidents de Tunis) a eu l’amabilité de parler plus en détails de ce différend qui ne cesse, depuis l’année dernière, de prendre de l’ampleur.

 

« Le ministère tient bon, nous aussi, a dit Dr Jed Henchiri, ce projet de loi qui ne cesse de refaire surface par à-coups est injuste. Il condamne profondément l’effort fourni par les étudiants en médecine et j’irais même jusqu’à dire qu’il confisque leur diplôme. Je tiens à préciser que nous, médecins, ne sommes aucunement contre le fait de travailler dans les régions désavantagées, bien au contraire, mais que ce soit sans obligation et qu’on commence d’abord par assurer l’infrastructure sanitaire correcte pour que le praticien puisse y exercer avec l’efficacité et le rendement souhaités.

On ne peut être contre l’égalité des chances dans les quatre coins de la Tunisie, toute région a le droit d’avoir ses structures de santé convenablement équipées aussi bien en moyens humains qu’en moyens techniques et logistiques mais cela ne pourrait se faire par le simple fait d’envoyer des médecins sans ressources.

 

Par ailleurs, on insiste sur le fait que notre combat n’a jamais été pour des raisons financières mais on le fait pour le citoyen. Les préjugés concernant les professionnels de la santé ne sont plus un mystère. Ces idées reçues qui ne cessent d’insinuer que l’élite de ce pays, représentée entre autres par les médecins, refuse de pratiquer dans les régions défavorisées, ce qui est complètement absurde. Notre métier est le plus noble et respecter l’éthique nous tient particulièrement à cœur. De ce fait, il est nécessaire d’éclairer qu’on est en train de subir des agressions verbales et écrites par certaines personnes dont le but est de ternir notre image de professionnels consciencieux…».

Dr Henchiri ajoute qu’en plus, le ministère ne propose rien pour l’après 3 ans. Aucune suite professionnelle n’est assurée pour les praticiens qui auront effectué ce service obligatoire.

Pour toutes ces raisons, on ne baissera pas les bras cette fois. Si les deux grèves précédentes, celle d’octobre et de décembre 2012, n’auront pas abouti, cette fois, on ne reculera pas et on compte faire de notre mieux pour achever ce qu’on a commencé.

Notre requête est claire : on demande que le président de l’Assemblée nationale constituante signe l’abandon de ce projet de loi.

Autrement, les décisions des quatre syndicats sont prises et l’escalade est prête à être mise en œuvre en cas de la poursuite du désaccord ».

 

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E.K.L