La transfusion sanguine : une procédure complexe

Un manque de globules rouges, de plaquettes, de facteurs de coagulation ou de globules blancs, et vous êtes le parfait candidat pour une transfusion sanguine. Mais ce n’est pas aussi simple que ça, une batterie de tests doivent être entrepris  pour éviter les risques liés aux différents groupes sanguins ou à la transmission bactérienne, et cas exceptionnels ceux liés à la transmission d’infections virales, notamment les hépatites et le SIDA.

 

Le donneur ?

Les produits sanguins labiles PSL (concentrés érythrocytaires CE, plasma frais congelé PFC et thrombaphérèses ou concentrés plaquettaires CP), provenant du don de sang de donneurs bénévoles et anonymes (transfusion homologue) ou du sang appartenant au patient lui-même (transfusion autologue), sont rigoureusement contrôlés et répondent à des normes obligatoires de sécurité et de qualité.

Le fameux nectar, source de vie, est soumis à des analyses biologiques qui consistent en des analyses immuno-hématologiques et un dépistage des maladies transmissibles. La première étape, vise à prévenir les complications immunologiques de la transfusion sanguine c’est-à-dire un groupage sanguin ABO et Rhésus (Rh) standard, une détermination des phénotypes érythrocytaires autres que ABO et Rh standard, une épreuve directe de compatibilité au laboratoire, qui permet de tester le sérum du receveur vis à vis des hématies à transfuser et une recherche d’anticorps irréguliers anti-érythrocytaires (RAI), pour identifier l’éventuelle présence d’anticorps provenant de transfusions antérieures, de grossesses antérieures ou d’une auto-immunisation. La deuxième étape, vise la prévention du risque infectieux par un dépistage sérologique de la syphilis, la recherche d’antigène HBs associé à l’hépatite virale B, la recherche des anticorps anti-HIV dirigés contre le virus de l’immunodéficience humaine et enfin la recherche des anticorps anti-HCV dirigés contre le virus de l’hépatite virale C.

 

 

Le receveur ?

Une étape pré-transfusionnelle, permet la collecte des caractéristiques de groupes sanguins du patient (figurant sur la carte de groupe sanguin) ainsi que d’un résultat récent de recherche d’anticorps irréguliers (RAI). Il faut aussi vérifier que l’épreuve de compatibilité au laboratoire a bien été effectuée. Après un épisode transfusionnel, à distance de celui-ci (de quelques semaines à quelques mois), il est nécessaire de pratiquer un contrôle sanguin (RAI) pour rechercher l’éventuelle présence d’anticorps irréguliers consécutifs à cette transfusion. En effet, une RAI positive doit être signalée en cas de nouvelle transfusion.

 

 

Quels sont les risques pour le receveur ?

Des réactions sans gravité comme de l’urticaire, des frissons et de la fièvre sans cause infectieuse, peuvent survenir pendant et après une transfusion sanguine. D’autres complications plus graves, on parle d’accidents transfusionnels, immédiates (dans les 15 premières minutes) ou à long terme (jusqu’à 15 jours après la transfusion), existent. On peut citer l’anémie hémolytique post-transfusionnelle aiguë, le choc anaphylactique transfusionnel, la détresse respiratoire aigue avec hypoxémie (TRALI) ou encore le choc septique.

La transfusion sanguine n’est donc pas un geste anodin et nécessite de surcroit une collaboration entre les différentes structures transfusionnelles. La notion d’hémovigilance a donc été introduite dans cette stratégie de sécurité transfusionnelle, et régit l’ensemble des procédures de surveillance depuis la collecte de sang jusqu’au receveur, et même au-delà…

K.L