Conférence du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens de Tunisie: 1er Congrès pharmaceutique arabo-africain

Conference-Conseil-National-Ordre-Pharmaciens-TunisieLe Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens de Tunisie (CNOPT) a tenu mercredi 13 février 2013 une conférence de presse pour annoncer le lancement du premier congrès pharmaceutique arabo-africain et ce le vendredi 15 et le Samedi 16 février 2013 à l’hôtel le Palace de Gammarth.

« Il s’agit d’une première aussi bien en Tunisie qu’en Afrique et dans le monde arabe », tels étaient les premiers propos de M. Abdallah Jalel président du CNOPT. Et d’ajouter : « Il va sans dire que la profession est multidisciplinaire. Et c’est justement la nature de la profession qui impose un choix pertinent des sujets qui vont être abordés lors de ce congrès.

 

De fait, après réflexion, nous avons bien dressé la liste des thèmes qui seront abordés lors de ce congrès de grande envergure. Il ne s’agit donc aucunement de travail hâtif où de thèmes choisis arbitrairement. Dans ce cadre, l’objectif de ce congrès est, entre autres, d’ouvrir des perspectives pour la mise en commun de nos connaissances et de notre savoir-faire dans le domaine du médicament. Nous tendons à bâtir, nous autres pays arabes et africains, de nouveaux modèles de coopération au service du développement qui tablent sur l’intérêt commun et mutuel et sur la solidarité ».

 

Nous tendons d’inaugurer le congrès en définissant l’éthique de la profession tout en évoquant l’innovation pharmaceutique. La conférence à ce sujet sera donnée par une spécialiste en droit de la santé sous forme de message « le médicament doit rester éthique »

 

Projet de législation

De plus, nous savons que l’industrie pharmaceutique nécessite une matière spécifique et une qualité de pointe. En parallèle, cette industrie connaît un ensemble d’obstacles législatifs qui empêchent tous les pays d’avancer en la matière. L’on mise aussi sur l’industrialisation dans les pays arabes et africains. A ce propos, nous cherchons, à travers ce congrès, à simplifier les choses devant les politiciens qui n’ont pas pu trouver une solution pour unifier les législations afin que le médicament puisse exister dans tous ces pays.

 

Nous comptons également faire connaître l’industrie pharmaceutique en Tunisie à ces pays afin d’ouvrir d’éventuelles perspectives d’import-export. Nous voulons faire valoir les compétences tunisiennes dans ce domaine. En outre, il faut unir les législations pour que le médicament tunisien puisse se vendre légalement dans les autres pays ! C’est justement du rôle des Conseils de l’ordre et de la société civile de forcer la main pour l’installation de tels projets. Si un médicament a son AMM chez nous, pourquoi l’industrie est-elle redevable d’avoir une autre autorisation de mise sur le marché pour le vendre au-delà de nos frontières ? Il est temps de faciliter les procédures ! L’objectif n’est pas de s’approprier les autres marchés mais d’instaurer une collaboration Sud-Sud ! D’ailleurs la Tunisie pourrait bien devenir le pont qui lie les pays arabes à ceux africains. Parce que désormais, on ne s’oriente plus vers les pays occidentaux mais vers ceux arabes et africains. Et ceci nécessite une révolution des mentalités pour notre intérêt à tous. Et si on ne peut pas dresser de nouvelles législations dans ce sens, on essaie au moins d’harmoniser les textes de loi qui réglementent le circuit du médicament.

 

Lutte contre la contrefaçon

« Dans un autre contexte, nous aspirons, à travers le congrès, mettre l’index sur les difficultés du secteur, notamment le médicament falsifié, le médicament générique, la pharmacie traditionnelle et la commercialisation des médicaments sans ordonnance médicale.

 

En ce qui concerne le médicament falsifié ou contrefait, il s’agit d’un véritable fléau mondial qui a lieu dans tous les pays industriels, ceux africains, arabes… Nous avons cru que la Tunisie était à l’abri de ce genre de fléau, il s’est avéré que non hélas. De fait, nous avons su qu’un médicament vétérinaire falsifié existe chez nous. Et ceci représente un grand danger pour la santé du citoyen. Nous avons alors mis en garde tous les ministères concernés et nous essayons, à travers le congrès, de demander la collaboration des pays africains et arabes, comme le Liban pour contrecarrer ce fléau. Nous avons également fait appel à la fédération francophone qui a une charte contre le médicament falsifié.

 

Médicament générique et la pharmacie traditionnelle

« Nous voulons également faire connaître le médicament générique qui est une copie conforme du médicament original. Nous voulons le faire connaître de point de vue économique, de point de vue qualité et de point de vue scientifique. Mais ce médicament connaît un problème de manque dans la législation en
Tunisie où le pharmacien ne bénéficie pas du droit d’échanger le médicament.

 

Plan d’action

Nous allons aussi aborder le problème des ventes des médications sans ordonnance. Nous voulons mettre des textes de loi pour régir cela à l’instar de plusieurs pays. Pour ce qui est de la pharmacie traditionnelle (phytothérapie) qui connaît actuellement une grande réussite en Afrique, nous aspirons aussi à expliquer ce domaine, le développer et échanger les expériences entre ces différents pays. De fait, la pharmacie traditionnelle doit répondre aux normes scientifiques. Parce qu’une plante est certes pleine de vertus, mais à qui sait exploiter et doser ! Car utilisée à mauvais escient, elle peut avoir un effet de poison ! Par ailleurs, ce congrès vise aussi la formation continue des pharmaciens. D’ailleurs plusieurs pharmaciens de l’extérieur ont favorablement répondu à l’appel, justement pour bénéficier de cette formation continue. Nous aurons des invités du Togo, du Cameroun, de la Jordanie, du Liban… Ils veulent tous assister à cette formation indépendamment du mauvais temps, de la pluie et du climat politique incertain.

 

Pour finir, je dois dire que si nous avons insisté à soutenir la date du congrès en dépit de ce que vit actuellement notre pays, c’est bien parce que c’est le seul moyen de s’en sortir est justement de continuer de travailler et de ne pas baisser les bras. Et pour la Tunisie, nous devons tous rester debout. Nous devons continuer de vivre et d’assumer nos responsabilités. Les pharmaciens doivent continuer de vendre les médicaments aux malades car il s’agit d’un produit vital comme on l’a fait durant la plus dure période de la révolution. C’est notre devoir. On tient donc à tenir ce congrès, comme prévu, les 15 et 16 février. Et nous invitons les pharmaciens à assister pour se former et pour que le médicament soit toujours disponible pour le citoyen ».

 

Compte rendu par B.C.