Survenant en milieu hospitalier, l’infection nosocomiale un mal dangereux et évitable

infections-nosocomial-sante-tunisieNosocomial est un terme qu’on entend de plus en plus souvent. Le terme vient de l’association de deux mots grecs, nosos qui veut dire maladie et komein qui veut dire soigner, l’association donne nosokomeion = hôpital. L’adjectif se rapporte donc à ce qui est relatif à l’hôpital d’une manière générale mais en pratique courante,il est le plus souvent associé à l’infection et on parle de l’infection nosocomiale.

 

Une infection nosocomiale est par définition absente avant admission à l’hôpital et se manifeste au moins 48 heures, un délai qui permet de différencier entre une infection à germe communautaire qui étaiten incubation et une infection par un germe contracté dans l’institution de santé.

A l’inverse, une infection qui se révèle après la sortie de l’établissement de soins peut bien être nosocomiale. Toute infection du site opératoire qui se révèle dans les 30 jours suivant une intervention chirurgicale est a priori nosocomiale. Ce délai est porté à un an pour les infections survenant en cas de mise en place de matériel prothétique (prothèse articulaireet pose de matériel métallique).

 

Le milieu hospitalier met en présence des individus sains et despatients,des pathologies variées, infectieuses ou non. Chacun, en se déplaçant dans les locaux, et en déplaçant du matériel, disperse des germes qui peuvent notamment se retrouver nombreux sur les chaussures, poignées de porte, interrupteurs, surfaces et dans l’air ce qui  fait de l’environnement hospitalier une véritable boite de péri de germes.

En plus, ces germes dans ce milieu médicalisé vont subir la pression de sélection, les résistants de l’environnement vont se développer aux dépens de ceux a priori moins résistants de la flore d’origine. Et d’une façon globale, le taux de résistance des bactéries responsables d’infection nosocomiale est élevé.

La fragilisation du système immunitaire lors de l’hospitalisation (la maladie motivant l’hospitalisation, stress, mise sous antibiothérapie et un éventuel traitement immunosuppresseur) est un autre facteur qui participe à l’augmentation de la fréquence des infections en milieu hospitalier. Les nouveau-nés, les prématurés et les personnes âgées sont particulièrement fragiles.

Les techniques invasives utilisées dans les hôpitaux pour le diagnostic, la surveillance et le traitement ouvrent souvent de nouvelles portes à l’infection nosocomiale : sonde urinaire, mesure de la pression veineuse centrale, perfusions et implantation de prothèses ne sont que des exemples.

 

Les infections nosocomiales ne sont pas toutes évitables. Mais presque la moitié peut être prévenue par des moyens simples, comme le lavage des mains, la douche antiseptique, leport de gants, le port de surblouse, la désinfection du matériel, l’isolement de certains patients en chambre individuelle chaque fois que jugé nécessaire et une formation continue destinée à tout le personnel soignant.

La gravité d’une infection nosocomiale est variable, en fonction de l’agent pathogène, de l’état immunitaire du patient et de la mise en route d’une conduite à tenir adaptée.

 

A.Kh