Entre revascularisation chirurgicale et dilatation par stent : SYNTAX émet la conclusion tant attendue

coeur-sante-tunisie-angioplastieL’étude SYNTAX est la première en son genre qui a comparé les résultats de la revascularisation cardiaque par voie chirurgicale (pontage aorto-coronaire) à ceux de la revascularisation suite à la pose d’un stent  (angioplastie par stent) chez les patients qui souffrent de maladie coronaire.

 

Cette étude américaine, d’une durée de 5 ans, a débuté en 2008 et a inclus 1800 patients recrutés dans 85 pays aux Etats-Unis et en Europe. Dans cet échantillon, 897 patients avaient été pontés et 903 stentés. Tous ces patients avaient été suivis étroitement aussi bien par un chirurgien cardiaque qu’un cardiologue interventionnel.

 

En février 2009, la revue « New England Journal of Medicine » publiait les résultats au bout d’une année d’essai. Des résultats qui n’avaient montré aucune différence statistiquement significative entre les deux techniques de revascularisation.

 

Les résultats à 3 ans de cette étude ont été présentés par le Pr Pieter Kappetein lors du 24ème congrès de l’Association Européenne de Chirurgie Cardiothoracique. Ces résultats avaient clairement montré la place  irremplaçable de la chirurgie chez les patients à haut risque mais aussi à risque intermédiaire de coronaropathie. L’angioplastie, quant à elle, reste préconisée pour les patients à bas risque. Ceci dit, les patients dilatés (ayant bénéficié de la pose de stent) seraient plus à risque d’infarctus du myocarde que ceux qui sont opérés. Lors de ce congrès, aucune conclusion n’a pu être émise car les spécialistes avaient préféré attendre les résultats de 5 ans.

 

Après 5 ans, c’est la revue « The Lancet » qui publie les résultats définitifs de cette étude.

Une analyse des événements vasculaires majeurs ayant fait suite à ces deux techniques de revascularisation, aussi bien cardiaques que cérébraux, a été conduite. Globalement, l’incidence de survenue de ces événements a été de 26,9% dans le groupe « revascularisation chirurgicale » contre 37,3% dans le groupe « revascularisation par stent ».

En affinant ces résultats, les médecins ont rapporté une incidence de 3,8% d’IDM dans le groupe sous chirurgie contre 9 ,7% dans l’autre groupe. La reprise de la revascularisation a été doublement plus importante dans le groupe de « revascularisation par stent » par rapport à la revascularisation chirurgicale.

 

Par ailleurs, la différence entre les deux groupes en ce qui concerne les décès toutes causes confondues n’était pas statistiquement significative.

 

Ces accidents vasculaires avaient également vu leur incidence augmenter chez les patients coronariens graves et traités par angioplastie par rapport à leurs semblables traités par pontage (36% contre 25,8%).

 

En définitive, la prise en charge chirurgicale reste le gold standard chez les patients ayant des lésions coronaires complexes. Autrement, chez les patients à faible risque de coronaropathie, la dilatation par stent peut s’avérer une alternative satisfaisante.

 

Dans tous les cas, la décision quant à la technique thérapeutique doit être le fruit d’une collaboration étroite et fructueuse entre chirurgien cardiaque et cardiologue interventionnel.

 

E.K.L