Dépistage du diabète chez les femmes porteuses du syndrome des ovaires polykystiques

Depistage-diabete-sante-tunisie-nutrition-endocrinologieUne équipe de médecins égyptiens de l’hôpital de Sohag en Egypte, et en collaboration avec leurs confrères américains de la faculté de médecine de Cleveland, ont mené une enquête quant aux méthodes utilisées par les praticiens pour le dépistage du diabète de type 2 chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques.

 

Le syndrome des ovaires polykystiques (PCOS) ou dystrophie ovarienne est l’association de plusieurs éléments dont : une ovulation peu fréquente et/ ou l’absence d’ovulation, des signes cliniques et/biologiques d’hyperandrogénie (augmentation des hormones masculines) et des ovaires augmentés de taille et dont la paroi est anormalement épaissie à l’échographie.

La dystrophie ovarienne est cause d’infertilité féminine dans près de 80% des cas, c’est la cause la plus fréquente de l’infertilité d’origine endocrinienne chez la femme.

Une total de 346 médecins, membres de « l’American Society for Reproductive Medicine » et répartis entre 123 gynéco-obstétriciens et 223 endocrinologues spécialisés dans l’infertilité, ont répondu à un questionnaire concernant le dépistage du diabète type 2 en cas de PCOS.

Une implication plus importante des endocrinologues dans ce dépistage a été notée puisque 71% de ces derniers faisaient un dépistage initial du diabète contre 57% des gynécologues. Dans les deux groupes, 1/3 des médecins ne demandaient ces examens que chez les femmes ayant des facteurs de risque additionnels et 3% ont répondu négatif pour ce dépistage.

 

Concernant les techniques utilisées :

Pour diagnostiquer un diabète, les gynécologues sont de grands amateurs du dosage de la glycémie à jeun. Ils sont 22% contre seulement 8% d’endocrinologues à le demander. Tandis qu’ils sont 72% d’endocrinologues contre 59% de gynécologues à utiliser l’HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale).

Dans le cadre du suivi, la glycémie à jeun est toujours la préférée des gynécos (43% contre 23%). L’HGPO, quant à elle, est effectuée dans des proportions presque identiques entre les deux spécialités (27% et 32%).

L’hémoglobine glyquée (HbA1c), est utilisée comme moyen de dépistage premier du diabète à égalité entre les deux groupes (19 et 20%) alors que dans le cadre du suivi, les endocrinologues sont en tête (45% contre 30%).

Selon cette étude, certains praticiens ne suivent pas correctement les recommandations pour le dépistage du diabète chez les femmes ayant un PCOS.

Ce risque, étant très élevé dans cette population féminine, il serait important de dépister systématiquement le diabète et surtout en suivant les récentes recommandations qui insistent de plus en plus sur le dosage de l’HbA1c chez les patientes à haut risque.

 

Ce travail a été publié dans la revue « European Journal of Obstetrics, Gynecology and reproductive biology ».

 

E.K.L