Avec Mme Nejla Essafi-Kaddour, tout ce qu’il faut savoir et faire avant et après l’accouchement

L’accouchement est un processus qui ne se limite pas à la délivrance de la mère enceinte au bout d’environ neuf mois de grossesse, mais il s’agit de diverses étapes précédant et suivant l’accouchement, des étapes aussi importantes les unes que les autres.

En effet, il est nécessaire d’assurer à la femme et à son nouveau-né toutes les conditions d’un déroulement optimal de cet acte, l’objectif final étant de leur assurer bonne santé à tous les deux. Ainsi, il est bon de savoir traiter de nombreuses situations et problématiques avant et après l’accouchement.

A quelle période devrait commencer les cours de la préparation périnéale pour l’accouchement ? En quoi consistent le programme et le but anatomique de ces cours? Et qu’en est-il de la rééducation périnéale après-accouchement ?

A toutes ces questions Mme Nejla Essefi-Kaddour, kinésithérapeute, a bien voulu répondre pour les lecteurs et lectrices de notre revue. Cédons-lui la parole :

« La préparation pour l’accouchement débute, généralement, entre le 4ème et le 5ème mois. Quant aux personnes habilitées à dispenser les cours, on peut citer, notamment, la sage femme et le kinésithérapeute dans le sens où ces deux spécialistes possèdent une formation diplômante.

Il est évident, aussi, que chaque maman a le droit de passer une grossesse avec le moins de douleurs possibles et que les suites de cette grossesse doivent avoir le moins de conséquences possibles, c’est pour cela qu’une kinésithérapie prénatale et postnatale bien effectuée peut faire éviter des complications tant physiques que psychiques.

Plusieurs gênes peuvent apparaître dont : le trouble psychique consistant, notamment, une mauvaise image de soi, le trouble circulatoire avec des jambes lourdes et gonflées, des œdèmes des pieds et des mains et des douleurs dorsales pendant la grossesse ».

En pré-partum

Dès le cinquième mois de la grossesse, le kinésithérapeute va aider la future maman à vivre harmonieusement sa grossesse et à préparer l’accouchement. D’ailleurs, lors de ces séances, le kinésithérapeute lui apprendra certains actes pratiques à savoir :

L’utilisation des ballons thérapeutiques, comme le Swiss Ball, pour le renforcement musculaire du dos, des jambes et de l’abdomen, les positions les plus confortables pendant le travail, la technique respiratoire préconisée pour les contractions et la méthode la plus appropriée à adopter pour pousser efficacement pendant l’accouchement.

Le kinésithérapeute joue un rôle important dans la gestion des modifications physiques engendrées par la grossesse et qui risquent d’accabler psychiquement la future maman qui a du mal à accepter sa nouvelle image. Cette gestion consiste en des exercices de musculation, de souplesse, d’extension, d’équilibre, d’amélioration de la circulation sanguine et de détente.

Par ailleurs, la femme enceinte va apprendre à contrôler sa respiration dans le but de gérer d’une façon efficiente les contractions. Différents mécanismes et techniques de poussée vont également lui être enseignés pour que l’expulsion du bébé se fasse dans les meilleures conditions tout en protégeant le périnée de la mère. Le périnée étant la région du bassin où se trouvent les organes génitaux externes.

En post-partum

Pendant la période du post-partum, le redressement statural et le renforcement des muscles du périnée et de l’abdomen sont les objectifs principaux de la kinésithérapie, dite « post-natale ».

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« En commun accord avec le médecin, la rééducation périnéale pourra débuter le lendemain de l’accouchement.

Cette gymnastique spécialisée aura pour objectif de prévenir la thrombose veineuse, de rebooster le sphincter strié par le biais d’exercices d’arrêt volontaire du jet urinaire et de contrôler les deux temps de la respiration, notamment l’inspiration diaphragmatique et costale et l’expiration forcée.

Cette rééducation comprend, en outre, des exercices relatifs à la contraction des muscles du ventre et ceux du plancher pelvien. Un massage des membres inférieurs et de la plante des pieds sont également fortement appréciés par la nouvelle maman durant cette période.

Pour la période des suites de couches tardives, la patiente, tout en étant chez elle, est tenue de réaliser des exercices (sous le coaching de son kinésithérapeute) pour renforcer la musculature dorsale (muscles spinaux) et pelvienne. Les techniques respiratoires enseignées auparavant ne devraient pas être omises durant cette période.

C’est entre le 3ème et le 6ème mois après l’accouchement que se situe la période des suites de couches dite éloignées. Cette période est cruciale pour le redressement statural, la rectitude et la stabilité dorsale. Elle consiste en l’utilisation des membres supérieurs et inférieurs en tant qu’appuis tout en augmentant progressivement les charges ajoutées ou la résistance exercée par le kinésithérapeute ou la personne qui accompagne la maman pendant ces exercices, cette personne aura été, au préalable, entraînée à ces manoeuvres ».

La préparation physique et, par conséquent psychique, de la femme enceinte est, ainsi, une étape importante pour l’aider à traverser aussi bien les phases du pré-partum que celles du post-partum, une préparation d’autant plus précieuse et efficace si la future maman est accompagnée de son partenaire.

Propos recueillis par Noureddine HLAOUI

Mme Nejla Essefi-Kaddour : Kinésithérapeute