Rétinoblastome chez les enfants : Les disparités ethniques, raciales et socio-économiques

Le rétinoblastome est un cancer infantile rare avec environ 9.000 cas diagnostiqués chaque année dans le monde. C’est un cancer traitable car lorsque le diagnostic est précoce, un traitement relativement minime rend la récupération de l’œil et la préservation de la vue possibles.

Selon un article paru dans la « JAMA Pediatrics », les disparités ethniques, raciales et socio-économiques semblent manifestes chez les enfants atteints de rétinoblastome. Ces disparités sont associées à des risques accrus de complications de cette maladie (stade avancé du cancer) et d’énucléation (ablation de l’œil).

Bien que les disparités d’accès aux soins de santé pour les cancers des adultes, aient été bien étudiées, on en sait peu sur les cancers touchant les enfants.

Le Dr Carlos Rodriguez-Galindo, et ses collègues du “Boston Children’s Cancer and Blood Disorders Center” aux USA, ont examiné 18 dossiers du « Surveillance, Epidemiology and End Results (SEER) » enregistrés de 2000 à 2010.

Les auteurs de l’étude ont identifié 830 cas de rétinoblastome chez des enfants de 9 ans d’âge, et ont examiné l’impact du statut socio-économique, de la race et de l’ethnicité sur l’étendue de la maladie et sur ses résultats.

Parmi ces 830 enfants, les hispaniques avaient un pourcentage plus élevé de rétinoblastome extra-oculaire (leur cancer s’est propagé hors de l’œil ou a atteint un stade avancé) par rapport aux enfants non-hispaniques soit 33 pour cent (86 sur 261) contre 20 pour cent (102 de 510).

Parmi 771 enfants dont l’étendue de la maladie pourrait être déterminée, 188 (24,4 pour cent) présentaient une maladie extra oculaire.

Les résultats ont aussi montré que le pourcentage de cas de rétinoblastome extra-oculaire était plus élevé dans les comtés de faibles indicateurs du statut socio-économique connaissant un fort degré de pauvreté, un faible niveau de scolarité, des niveaux plus élevés de chômage, de surpeuplement et de pourcentage d’immigrants.

Il a été également relevé que les enfants hispaniques étaient 41 pour cent plus susceptibles de subir une énucléation que les enfants blancs non hispaniques. 574 enfants soit 69,8 pour cent des cas étudiés ont subi une énucléation à un moment donné du traitement.

L’énucléation était aussi plus élevée chez les Hispaniques avec un pourcentage de 74,5 pour cent (202 sur 271) contre 67,5 pour cent (372 sur 551 chez les non-hispaniques). Ces taux plus élevés d’énucléation ont été également associés au faible niveau d’éducation, et au niveau plus élevé de surpeuplement.

Les auteurs de l’étude reconnaissent les limites inhérentes à l’utilisation des données des registres et de recensement dit « SEER » et celles de l’extrapolation des indicateurs permettant d’enquêter sur les déterminants sociaux de la santé dans cette population spécifique.

Mais l’étude a signalé tout de même que les bas niveaux socio-économiques se répercutent par l’extension des maladies oculaires probablement en raison des limites d’accès aux soins du cancer.

B.H.S

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