Spanioménorrhée : Quand l’attente devient un véritable supplice

Les troubles du cycle menstruel est un domaine de la pathologie féminine lourd de conséquences si l’attitude thérapeutique, organique soit-elle ou psychique n’est pas adaptée. Les spanioménorrhées est un volet non négligeable de ces troubles.

Un cycle menstruel dure normalement en moyenne 28 jours. Tout allongement important de ce cycle définit la spanioménorrhée. On entend par allongement important quand la longueur du cycle passe de 28 jours à six semaines ou plus.

Pourquoi certaines femmes ont une spanioménorrhée ?

Globalement, le dénominateur commun, toutes causes confondues de spanioménorrhée, est l’insuffisance d’imprégnation de la muqueuse utérine par les œstrogènes (hormone féminine). Ce manque hormonal entraîne une prolifération insuffisante de la hauteur de l’endomètre (muqueuse utérine) qui ne desquame pas et n’aboutit, par conséquent, pas à l’apparition des règles.

Les spanioménorrhées peuvent s’accompagner d’une ovulation normale ou, au contraire, être anovulatoires (sans ovulation).

Les causes de la carence oestrogénique

Les trois principales causes de l’insuffisance en oestrogènes sont : une stimulation ovarienne inexistante ou, au contraire, une incapacité pour les ovaires de répondre aux stimulations ou enfin la présence d’anomalies au niveau des ovaires notamment ce qui est connu sous la dénomination d’ovaires micropolykystiques (présence de plusieurs petits kystes dans les ovaires).

Les anomalies de stimulation ovarienne sont représentées par les causes tumorales : tumeurs centrales (cérébrales), tumeurs ovariennes et les tumeurs des glandes surrénales. Un dysfonctionnement de la glande thyroïde et l’augmentation du taux de la prolactine (l’hormone responsable de la sécrétion du lait) dans le sang sont aussi des causes fréquemment rapportées. Certains troubles psychiatriques tels que l’anorexie mentale ou encore l’entraînement physique soutenu et intensif (cas des athlètes de haut niveau) sont à rechercher en cas de spanioménorrhée.

Les ovaires microplykystiques sont caractérisés par la présence, à la périphérie de l’ovaire, de multiples kystes de petite taille. S’y associe d’une façon inconstante un excès de poids et une pilosité de type masculine (dans les endroits normalement glabres chez la femme).

De point de vue physiologique, les spanioménorrhées caractérisent la période de la pré-ménopause

Parfois aucune cause n’est retrouvée et l’on parle alors de spanioménorrhée idiopathique.

 

Les possibilités thérapeutiques

Bien entendu, le traitement dépendra de la cause si l’origine du problème est identifiée. En dehors de la situation physiologique de la femme en pré-ménopause, les principes thérapeutiques reposent sur la stimulation ovarienne dans le but de rétablir les menstruations. Pour cela, un bilan complet s’impose chez le spécialiste avec interrogatoire, examen physique et examens complémentaires radiologiques et biologiques. La prise en charge sera personnalisée suivant qu’il s’agit d’une femme sans vie sexuelle, une femme active sexuellement mais ne désirant pas d’enfants ou enfin une femme qui désire devenir maman.

 

E.K.L