Les anticholinergiques, responsables de démence et d’Alzheimer ?

Alzheimer-sante-medcine-neurologie SUJET AGE« Les anticholinergiques », une classe de médicament comprenant notamment certains somnifèreset les antidépresseurs, ont de graves effets secondaires  dus à leur propriété de bloquer l’action de l’acétylcholine, un neurotransmetteur du cerveau et du corps.

Ce sujet a constitué l’objet d’une étude récente conduite par des chercheurs de l’université  du Washington school  of pharmacy à Seattle,  dont les résultats sont publiés dans la revue JAMA et qui a confirmé le lien entre l’utilisation élevée de médicaments anticholinergiques et le risque accru de développement de la démence et de la maladie d’Alzheimer chez les personnes âgées.

Bien que ce lien soit bien connu ,l’étude en question a utilisé des méthodes plus rigoureuses en suivant des malades pendant une période de 7 ans et en incluant aussi les médicaments libres à la vente sans prescription médicale. 

Les participants  assignés à l’étude, au nombre de 3434, étaient âgés de 65 ans ne présentaient pas de signe de démence et étaient  triés à partir de  « the  Adult Changes in Thought study » qui traite du  système de prestation de soins de santé intégré à Seattle.

Afin d’évaluer le niveau d’exposition des participants aux médicaments anticholinergiques, les chercheurs ont utilisé les dossiers informatisés des pharmacies qui leurs dispensaient ces dits médicaments.

Les données  des doses quotidiennesstandard, ont été additionnées pour permettre aux chercheurs d’évaluer l’exposition cumulative aux anticholinergiques de chaque participant au cours des 10 dernières années précédant la date de l’étude . Ces valeurs ont ensuite été  mise à jour vu que les participants ont été suivis pendant la période d’étude de sept années.

Les résultats ont permis de constaté que les classes anticholinergiques les plus couramment utilisés sont les antidépresseurs tricycliques, les antihistaminiques de première génération, et les antimuscariniques de la vessie.

Au cours d’un suivi moyen de 7,3 années, 797 participants (23,2%) ont développé une démence dont 637 d’entre eux soit 79,9%  ont été atteints par la maladie d’Alzheimer)

Ainsi, l’utilisation cumulative élevée d’anticholinergique est bien associée au  risque de démence. Par conséquent les efforts pour informer et sensibiliser les professionnels de soins de santé et les personnes âgées sur ces risques doivent être renforcés  pour réduire  leur  utilisation.

Si les professionnels de santé  doivent prescrire des anticholinergiques à leurs patients parce qu’ils pensent que c’est le meilleur traitement, ils devront leur conseiller les plus basses doses possibles, suivre régulièrement leur thérapie pour s’assurer  qu’elle  fonctionne bien  et  l’arrêter si elle s’avère inefficace.

B.H.S