Trouble du sommeil chez le bébé

Lorsque bobo, spasmes et…caprices meublent les nuits blanches de bébé

En plein milieu de la nuit, bébé se réveille en pleurant ! Et c’est parti pour une longue nuit blanche et agitée…  Comment traduire ses pleurs ? Qu’est-ce qui l’empêche de dormir ?

 

Difficile de détecter les signaux du bébé : S’il a des couches sales, s’il a faim ou soif, s’il veut dormir et même s’il fait seulement un petit caprice : bébé pleure ! Cependant, il pleure aussi lorsque quelque chose lui fait vraiment mal ! Et si les géniteurs ne savent pas interpréter à juste titre, les messages de leur chérubin, c’est une longue nuit blanche qui attend ce « trio ». Un nourrisson est, effectivement, sujet à des insomnies et des agitations nocturnes…

 

Certes, la plupart du temps la raison est anodine, mais il peut tout aussi bien s’agir d’un vrai « bobo ». Comment le savoir ? Pourquoi bébé pleure-t-il ? Pourquoi ne dort-il pas? Comment le réconcilier avec un bon dodo ? Ce sont les questions que Santé-TN a posées justement au Dr Ali F., professeur en pédiatrie.

 

« Un bébé n’a qu’un seul moyen de communiquer avec les siens : il pleure ! Ses larmes sont son seul langage. Il traduit aussi bien ses besoins en larmes que lorsqu’il souffre de quelque chose. Dans les deux cas, cela l’empêche de dormir ! C’est du rôle parental que d’être attentif à ce nourrisson  puisqu’il dépend totalement de ses parents ! Mais le hic pour des géniteurs surtout s’ils sont « débutants », c’est justement de décoder les larmes ! S’agit-il de causes bénignes ou d’un problème de santé ? Comment le savoir si le tout, est traduit par l’insomnie et les larmes.

 

Les raisons passagères

 

Et le Dr Ali F. d’ajouter : « pleurer est la seule manière de « parler » que bébé connait. Quand il a soif ou faim, a froid ou chaud, a envie de dormir, quand la position dans laquelle il se trouve est inconfortable, quand il a besoin d’être changé ou a juste besoin d’une présence : il pleure et perd le sommeil ! La première chose à faire, c’est donc de savoir de quelle raison s’agit-il : en vérifiant ses couches, en lui donnant à boire et à téter, en changeant sa position… On peut aussi le dévêtir pour voir s’il y a quelque chose qui le pique ou lui gratte la peau sous ses vêtements, ou encore s’il porte un vêtement serré…

 

On le réchauffe s’il fait froid ou on allège ses vêts s’il fait chaud… Une fois toutes les raisons anodines passées au peigne fin, bébé devrait se rendormir. Toutefois, s’il continue de pleurer c’est qu’il a mal, mais les pleurs diffèrent : Cela ressemble à des cris et on verra des grimaces de douleur et de souffrances sur son visage. Les parents sauront voir ces signes presqu’instinctivement ! »

 

 

Les raisons organiques

 

« A priori, lorsque le bébé perd le sommeil, ceci est le plus souvent dû à une cause organique », explique le Dr A.F. « Généralement, chez le nourrisson, les coliques et les spasmes (communément appelés des gaz) sont vraiment très fréquents : il s’agit presque d’un passage obligé ! Pratiquement tous les bébés en premier âge en souffrent. L’appareil digestif et gastrique du bébé se développe rapidement et ceci donne naissance à des spasmes. Le bébé ne pleurniche pas, il exprime ce mal à travers des pleurs ininterrompus, des troubles du sommeil et une agitation. S’il est nourri seulement au sein, suivant l’alimentation de la maman, le lait maternel peut être acide et irrite donc la paroi intestinale du nourrisson.

 

Les spasmes sont physiologiques et les douleurs ressentis sont passagers et sans aucune gravité! Si le bébé a un allaitement mixte, (au sein et au lait en poudre) ou s’il est nourri seulement de manière artificielle, les gaz traduisent des troubles fonctionnels qui sont un peu plus sérieux. Mais il n’y a toutefois pas lieu de paniquer ! Les parents, peuvent utiliser les moyens naturels pour soulager sa douleur en attendant de l’emmener chez le médecin.

 

Pour remédier au problème des gaz dans les deux cas (physiologique et fonctionnel), il existe deux écoles : ceux qui préconisent des antispasmodiques à doses modérées et ceux qui préfèrent les méthodes soft et naturelles. Je dois dire que je suis plutôt adepte de la deuxième méthode. Les traitements forts pour un bébé en premier âge sont, à mon sens, exagérés ! Je crois qu’une petite infusion ou une tisane très diluée suffisent.

 

On peut utiliser une feuille de verveine, une feuille de thé, ou trois graines de fenouils. La tisane doit être très légère, très diluée et faite avec une bonne quantité d’eau. On doit aussi garder les pieds et le ventre du bébé bien au chaud même en été.

 

Ceci dit, si la douleur persiste, on peut lui donner des médicaments antispasmodiques, sous avis d’un médecin, en association à l’infusion. Toutefois, il faut réserver ces médicaments pour les jours où il est très perturbé. Dans tous les cas, le traitement ne doit pas dépasser trois à quatre jours. Mais, je préfère que l’on se limite aux moyens naturels. Je suis aussi contre les massages à base d’alcool de menthe. De fait, l’alcool de menthe est absorbé par la peau et peut passer dans le sang ! À forte doses, l’enfant peut en être « ivre » ! Donc, je préfère que le massage du ventre soit plutôt fait avec une petite goutte d’huile. Et si on utilise l’alcool de menthe, il faut vraiment se contenter d’une très petite dose sans jamais abuser. Pour conclure, je dirai que les maux ne sont pas du tout compliqués ni graves. Il est vraiment très rare qu’un nourrisson ait un grand trouble digestif.

 

Toutefois, si toutes les initiatives précitées ne le soulagent pas et que le bébé ne retrouve toujours pas le sommeil, il faut l’emmener immédiatement chez un médecin. Il est probable qu’il s’agisse d’une intolérance au lait en poudre, d’une crise d’appendice de nourrisson, d’une otite ou d’une autre d’inflammation notamment les maladies de la sphère ORL… Pour avoir le cœur net, rien ne vaut l’avis d’un médecin…

 

Les raisons psychologiques

 

Tout a été passé au crible, et aucun problème n’est détecté, mais bébé pleurniche encore et ne ferme toujours pas les yeux ! Qu’a-t-il ? Et le Dr Ali F. de préciser à ce propos : « Si tout va bien et que bébé ne dort toujours pas, l’origine du trouble de sommeil relève probablement d’un problème relationnel entre la maman et son bébé. Il s’agit d’une revendication inconsciente. S’il refuse de dormir : l’enfant le fait souvent pour « punir » sa maman de son manque de présence. Il veut attirer son attention et il lui demande de s’occuper davantage de lui en refusant de dormir ! La maman le saura instinctivement si c’est le cas ! Parce qu’il suffirait qu’elle le mette dans ses bras, qu’elle l’entour d’affection et qu’elle le rassure pour qu’il arrête de pleurer et retrouve peu à peu l’envie de dormir ».

 

Bibi