Première rentrée scolaire : Pour que tout se passe en douceur

Il est difficile pour un enfant longtemps dans les jupes de sa mère, de se défaire de sa famille.  La séparation avec sa vie de famille lui est pénible. Et le fait de passer à une vie « sociale », avec ses relations amicales, et les instructions des instituteurs sont de rudes épreuves pour un enfant. Il débarque dans un tout nouveau monde qu’il ne connait pas. Il oscillera entre appréhension et excitation. Comment aider justement ces nouveaux venus sur la « scène » écolière ? Comment surmonter cette étape importante de la vie ? Quel rôle les parents doivent-ils jouer dans ce passage ?

De fait, de l’avis de plusieurs psychologues interviewés émane une idée commune : « La première rentrée est toujours déstabilisante et peut même être angoissante pour l’enfant ».

Mme E.N. psychologue, explique à cet effet, que l’appréhension ressentie par l’enfant est tout à fait naturelle. « Il ne faut pas croire que l’enfant déteste l’école ou les études parce qu’il fait les « chichiteux » le jour de la rentrée ! Toute rupture est source de stress et c’est naturel. Le fait de savoir qu’on va devoir rompre avec ses habitudes et commencer une nouvelle vie fait peur ! Il s’agit d’un tout nouveau terrain qu’on ne connait pas et qu’on va explorer pour la première fois. C’est cette peur de l’inconnu qui freine les motivations.  Ceci est valable même pour un adulte autonome ; alors que dire pour un enfant ? Tout est nouveau pour lui : l’école, les instituteurs, les camarades, la réglementation et cela l’angoisse. En plus de cette peur de l’inconnu, l’enfant vit mal la séparation avec ses tuteurs habituels qu’il connait bien. Mais si cette peur est généralement passagère, les parents peuvent vraiment compliquer les choses davantage » !

 

La mauvaise attitude!

Et Mme E.N. d’ajouter : « “Une fois à l’école, si tu commets de pareilles bêtises, ta maîtresse va te punir et tes camarades vont se moquer de toi“ : voilà ce que nombre de parents disent malheureusement à un enfant en âge avant-école lorsqu’il commet une bêtise. Le petit va donc tisser une image négative de l’école ! Il l’assimile à un endroit de châtiment et de souffrance. Cette erreur commise par les parents accentue la peur de l’école. Cela peut même faire taire sa soif d’apprendre.

De plus, certains parents souffrent de ce qu’on appelle le syndrome du « fils parfait ». Ils font donc tout pour que leur enfant soit un « élève modèle ». Ils veulent à tout prix qu’il soit le meilleur et qu’il fasse bonne impression. A l’orée de la rentrée, ils lui dressent une liste d’interdits et de réglementations trop sévères. En croyant bien faire, ils vont tomber dans l’erreur des sermons. Et cela va rendre la tâche encore plus difficile à l’enfant qui sent une lourde responsabilité lui tomber subitement sur les épaules.

Ce n’est pas la veille de l’école qu’on éduque un enfant ! Soit dit en passant : Si on lui tolère une attitude incorrecte à la maison, on ne pourra pas la lui interdire à la rentrée ! La correction de l’enfant et sa bonne tenue est une responsabilité parentale permanente. On lui inculque les bonnes manières au fur et à mesure qu’il grandit. Et on lui fait comprendre qu’il a commit une bêtise immédiatement après l’avoir commise et non pas des jours, voire des années après !  

Donc,la discipline en classe n’est nullement du rôle des parents ! C’est aux enseignants d’apprendre aux petits comment se tenir en classe ! Pour donner aux petits le goût d’apprendre, on ne doit pas se transformer en instituteur ! Car, contrairement à un enseignant, le parent est pris par ses états affectifs et il est par conséquent incapable de faire preuve de la même objectivité que le métier d’enseignant exige !

 

La bonne attitude

Pour aider les enfants à sauter le pas de la première rentrée et donc d’apprendre, de grandir et devenir autonomes, les parents doivent seulement assumer leur rôle de « guides ». L’enfant ne peut se sentir enthousiaste à l’idée d’intégrer l’école que s’il se sent en confiance. Il doit se sentir protégé et aimé par ses parents à toute épreuve. Et ses géniteurs doivent seulement l’orienter et l’accompagner.

Et parce qu’un enfant n’a pas assez d’armes pour gérer leur stress, il puisera sa force dans la force et l’amour de ses parents. Si les parents se montrent déstressés à l’idée que leur petit part à l’école, ils passeront ce stress à l’enfant comme par contagion ! Et pour ce faire, il ne faut pas trop parler de la rentrée. Le sujet doit certes être évoqué, mais banalisé.

 

Ce qu’il faut faire avant la rentrée

 Les jours qui précèdent la rentrée, on doit absolument emmener l’enfant à sa future école. Si sur le tas il exprime sa peur ou sa désapprobation, il ne faut pas le scandaliser mais l’écouter. S’il a des raisons qui argumentent son refus, on peut lui proposer une autre école qui correspond mieux à ses attentes. Une fois le choix de l’école fixé, l’enfant doit entrer à l’école bien avant le jour de la rentrée pour qu’il marque son territoire. Il est recommandé qu’on lui montre les classes, les toilettes, la porte d’entrée… pour qu’il arrive à avoir un schéma visuel. Cette impression de connaître sa prochaine école diminue nettement le sentiment de stress. On peut l
ui lire des histoires valorisantes parlant de l’école et de la rentrée pour stimuler son imagination. On lui dira que c’est grâce à l’école qu’on fait plein de choses intéressantes, qu’on se fait des amis. Et qu’il devient grand maintenant.

Après avoir choisi l’école, il est aussi essentiel qu’on aménage sa chambre. Un bureau ou un coin de travail doivent exister dans sa chambre pour matérialiser le changement à venir dans son esprit pour stimuler l’attente. Il faut que l’enfant participe aux courses et qu’il choisisse lui-même son cartable, sa fourniture et ses accessoires de «grand». C’est sa première trousse, son premier tablier, faisons le participer !

 

Le jour « J »

Il ne faut surtout pas scandaliser l’enfant si au petit matin il pique une crise d’angoisse ! Au contraire, il faut le rassurer, lui dire qu’il devient grand maintenant et qu’on le comprend parce que nous-mêmes sommes passés par là et que c’est passager. On doit lui dire que quoi qu’il arrive, nous serons toujours là pour le guider et le soutenir et le rassurer que la séparation n’est que momentanée et qu’à l’heure de sortie on sera là à l’attendre.

L’enfant doit être à l’école, au moins 15 minutes avant l’heure. On fait donc en sorte de se lever tôt et d’être prêts à temps. S’il angoisse et qu’il ne veut pas manger, on peut lui donner exceptionnellement une gâterie pour son goûter.

Il est préférable qu’on accompagne l’enfant jusqu’à sa classe. Mais une fois confié à la maîtresse, on doit immédiatement quitter les lieux avec un large sourire sur le visage et des mots encourageants. Si on a les yeux larmoyants, la voix coupée et le visage anxieux, l’enfant s’écroulera ! Même si notre chérubin se met à pleurer, il faut l’encourager et lui dire qu’on le confie à maîtresse et qu’il est entre de bonnes mains et partir illico sans se retourner. Autrement le détachement sera impossible et ces adieux dureront une éternité ! »

 

Bibi