L’hypertension artérielle chez la femme enceinte : la pré-éclampsie

Une élévation de la pression artérielle, encore appelée hypertension artérielle (HTA) est communément rencontrée chez les personnes âgées.

 

Par contre, chez la femme enceinte, diagnostiquer une HTA est une histoire qui revêt une gravité particulière de par les complications qui peuvent en découler, aussi bien chez la mère que chez son bébé, en l’absence d’une prise en charge appropriée. Pendant la grossesse, une HTA est appelée pré-éclampsie.

 

Afin de mieux comprendre cette pathologie de la grossesse, l’équipe de sante-tn a contacté le Professeur Issam Lebbi, gynécologue obstétricien.

 

Pour définir la pré-éclampsie

 

Le Dr Issam. L précise que « la pré-éclampsie, anciennement connue sous le nom de toxémie gravidique, est ce que le commun des citoyens connaît comme « Boumina ». Cette entité regroupe des signes cliniques et biologiques complexes dont le plus important est une hypertension artérielle qui apparaît préférentiellement au cours du troisième trimestre de la première grossesse (à partir de la 24ème semaine de gestation) ».

 

Et concernant le tableau clinique de la pré-éclampsie

 

Et le Dr Issam. L d’ajouter : «  Classiquement, la pré-éclampsie se manifeste par une hypertension artérielle supérieure à 14 mmHg de valeur supérieure et 9 mmHg de valeur inférieure, et/ou des pertes urinaires d’albumine (albuminurie), et/ou l’apparition d’œdèmes des membres inferieurs.

 

Cependant, la symptomatologie peut être plus complexe concernant :

 

  1. 1.La femme avec des anomalies hématologiques (thrombopénie: baisse du taux de plaquettes dans le sang), des anomalies de l’hémostase sanguine pouvant engendrer des anomalies de la coagulation sanguine et des anomalies des fonctions hépatique et rénale parfois d’évolution très grave, voire mortelle.

 

  1. 2.Le fœtus qui peut arrêter sa croissance ce qui entraîne un retard de croissance intra-utérin et un très faible poids de naissance, des complications qui peuvent être fatales.

 

 

Quant aux complications de la pré-éclampsie

 

Le Dr Issam. L explique, à ce propos : « Les complications de la pré-éclampsie sont multiples. Elles sont essentiellement représentées par 2 complications majeures, imprévisibles et graves: l’éclampsie et l’hématome rétroplacentaire ».

L’éclampsie consiste en la survenue de crises convulsives avec ses trois phases : phase tonique, ensuite la phase clonique et le coma post-crise.

 

Cette crise convulsive peut survenir pendant le 3ème trimestre de la grossesse, au cours du travail et même après l’accouchement ce qui implique une surveillance rapprochée et prolongée.

 

L’hématome rétroplacentaire (HRP) est le détachement prématuré du placenta avant la naissance du bébé. Ce détachement est à l’origine d’une hémorragie massive et éventuellement de la mort du bébé.

 

Et pour la conduite à tenir

 

Le Dr Issam. L explique :« Actuellement et grâce à une meilleure connaissance scientifique et des critères de classification, trois formes de pré-éclampsies sont individualisées :

 

La pré-éclampsie sévère qui nécessite une hospitalisation immédiate et un accouchement sans délai, et ce, quelque soit l’âge de la grossesse. La poursuite de la grossesse dans ces conditions est dangereuse pour la mère et l’enfant. Cette forme est responsable du grand nombre de complications, de mort maternelles, de prématurité et de morts périnatales.

 

La pré-éclampsie modérée et légère qui peuvent être suivies en consultation et en ambulatoire avec un repos strict au lit jusqu’à terme, date ou l’accouchement sera programmé ».

 

Le conseil de la fin

 

Le Dr Issam. L conclut que « toute la difficulté réside encore dans la prise en charge des femmes suivies en dispensaire et chez qui une pré-éclampsie est diagnostiquée. Ces femmes doivent, immédiatement, être orientées vers des centres spécialisés équipés d’une réanimation maternelle et néonatale (centre de niveau 3)».

 

E.K.L

 

 


Pr Issam. Lebbi

 

Professeur en Gynécologie-Obstétrique 

Ancien Président de la STGO

Ancien Président de la FGOM (fédération méditerranéenne des sociétés nationales de gyn-obs)

Membre d’Honneur du CNOGF (collège national des ob-gyn français ) et de la SIGO (soc italienne de gyn-obs)

Membre du Board Exécutif de l’ISIVF