Grossesse molaire : quand le placenta se développe à la place du bébé

grossesse-molaire-sante-tunisieL’événement tant attendu dans la vie de toute femme est indiscutablement le fait de devenir mère. Mais, dans certains cas, cet événement peut devenir cauchemardesque lorsqu’au lieu d’avoir un bébé qui se développe, ce sont les cellules du futur placenta qui gagnent du terrain et accaparent la cavité utérine. Le développement anarchique du futur placenta définit la grossesse molaire encore appelée « môle hydatiforme ».

 

La môle hydatiforme fait partie des maladies du placenta et consiste en une transformation du futur tissu placentaire en des kystes avec un risque rare de transformation en tumeur maligne. Ce sont des maladies rares dans les pays occidentaux et beaucoup plus fréquentes en Asie. A ce jour, cette différence géographique reste sans inexpliquée, cependant certains facteurs de risque sont incriminés, en l’occurrence les âges extrêmes et les mauvaises conditions socio-économiques dont la malnutrition.

On distingue la môle complète caractérisée par la présence uniquement, sans bébé, de villosités choriales qui se transformeront par la suite en placenta, et la môle partielle où se développent conjointement tissu placentaire et bébé. En cas de môle partielle, le bébé n’évolue pas et l’on peut assister à une fausse couche. Dans de rares, le bébé peut continuer son développement lequel est anormal et aboutira à un enfant polymalformé.

 

Comment se constitue la « môle » ?

La grossesse molaire est le résultat d’une fécondation anormale.

En effet, dans la môle complète, il s’agit, dans la plupart des cas, d’un ovocyte (cellule sexuelle féminine) anormal sans noyau qui sera fécondé par un spermatozoïde normal. Plus rarement cet ovocyte dépourvu de noyau peut être fécondé par deux spermatozoïdes normaux

Si la grossesse molaire est partielle, dans ce cas, c’est un spermatozoïde anormal ou bien deux spermatozoïdes normaux qui vont aller féconder un ovocyte normalement constitué.

 

Comment sait-on qu’il s’agit d’une grossesse molaire ?

Par rapport à une grossesse normale, les signes sympathiques d’une grossesse molaire sont exacerbés et exagérés. Les nausées et les vomissements sont importants, de l’hypertension et une protéinurie (présence de protéines dans les urines) ainsi que des signes d’atteinte hépatique sont parfois retrouvés. Des saignements peuvent aussi être rapportés par les patientes. Mais c’est l’échographie et le dosage sanguin de l’hormone de la grossesse (β hCG) dont le taux est anormalement élevé qui confirment le diagnostic.

 

La prise en charge d’une grossesse molaire

Une fois le diagnostic posé, l’interruption de cette grossesse est impérative. S’y associe un contrôle sanguin régulier de la β hCG jusqu’à ce que cette dernière se tarisse complètement signe de la disparition de tout tissu placentaire. En revanche, si les taux de la β hCG ne diminuent pas, ou au contraire s’élèvent à nouveau, une évolution tumorale maligne est suspectée. Une chimiothérapie est indiquée pour ces femmes avec surveillance clinique et biologique rapprochée.

 

Aussi fatigante et effrayante soit-elle sur le physique et le psychique de la femme, la grossesse molaire n’empêchera pas de pouvoir retomber enceinte et son risque de survenir deux fois consécutives est très faible.

 

E.K.L