Eviter les naissances prématurées, c’est bientôt possible !

naissance-prematures-sante-tunisieLes naissances prématurées sont intimement liées à l’inflammation du tissu utérin, une réponse biologique qui induit des contractions et des fonctions prématurées.

Au cours de leur travaux de recherche d’un moyen permettant de prévenir ce phénomène et les complications liées aux accouchements survenant avant 37 semaines de gestation, des chercheurs du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal, ont découvert, dans des modèles murins, un agent efficace pour  l’inhibition de l’inflammation et pour la prévention ou le retardementdes contractions utérines et l’accouchement prématuré et ce sans porter atteinte au fœtus ou à la mère.

En examinant les tissus utérins, les scientifiques ont trouvé qu’un  messager dit « l’interleukine 1 » (cytokine naturelle produite par le système immunitaire, est responsable du déclenchement et de l’amplification de  l’inflammation dans l’utérus, ce qui les a amené à effectuer des essais précliniques dans lesquels ils ont testé des agents thérapeutiques connus pour cibler ce messager.

Cependant, les dits chercheurs ont remarqué que les effets de ces agents, sont négligeables sur l’inflammation et sur la contractilité des cellules de l’utérus, et qu’ils provoquent des effets secondaires graves sur le fœtus.

« L’effet de l’interleukine-1 est beaucoup plus large que celui du seul  fait d’amplifier l’inflammation. Son rôle physiologique est critique dans la protection du fœtus contre les infections, et dans la survie des cellules à l’inflammation et à d’autres sources d’agression », explique Mathieu Nadeau-Vallée, Ph. D. en pharmacologie et le premier auteur de l’article.

«Les Antagonistes orthostérique actuellement disponibles sur le marché sont de grandes molécules. Ils bloquent la plupart des voies de signalisation de l’interleukine 1, y compris les mécanismes importants de protection du fœtus, comme l’immune surveillance et la cytoprotection ».

Afin de pallier à ce problème, les scientifiques ont mis au point un nouvel agent thérapeutique, qui a été beaucoup plus efficace, en plus d’être plus sûr que les molécules existantes conçues pour la même cible. « Les modulateurs allostériques que nous avons développés agissent différemment.», explique le Dr Sylvain Chemtob, un néonatologiste et chercheur, à l’Université de Montréal. « La petite taille de la molécule permet d’agir de manière plus sélective sur l’interleukine 1. Elle bloque spécifiquement la voie qui contrôle l’inflammation, sans interférer avec celles qui exercent un effet protecteur sur le système immunitaire et les cellules. »

Cette molécule fut nommée « 101.10,  » et doit maintenant être testée sur les humains.

Cette découverte est un pas de géant vers la prévention de la prématurité, qui est l’une des principales causes mondiales de mortalité infantile et l’origine de déficience physique, intellectuelle ou psychologique potentiellement grave touchant environ 10% d’enfants nés prématurés dans le monde.

B.H.S