Difficulté scolaire : une affaire commune entre médecins, parents et enseignants

Difficulté scolaire : une affaire commune entre médecins, parents et enseignants

Si un élève a des difficultés scolaires, ceci est-il toujours tributaire d’un tempérament paresseux ? Négatif ! L’Association pour la Promotion de la Santé Mentale de l’Enfant et de l’Adolescent (APSMEA) lors du débat qu’elle a animé samedi 21 janvier à Beit el Hikma à Carthage, a en effet mis l’accent sur le rôle que doivent jouer parents, enseignants et corps médical pour soutenir ces élèves à problèmes.  

 

La médecine scolaire et les instituteurs seraient…démissionnaires ! 

Plusieurs témoignages donnés au cours de cette rencontre font soulever deux problèmes : De prime abord, il y a l’absence quasi-totale d’un médecin scolaire au sein des établissements, ensuite, les enseignants semblent être très mal informés quant à l’existence même de ces difficultés chez les élèves !

A ce propos, Dr Mezghani, pédopsychiatre et président de l’APSMEA répond : « L’enfant ne peut être pris en charge que s’il y a une communication entre le corps enseignant, le corps médical, et les parents. Et c’est a priori l’instituteur qui se rend compte des difficultés de l’élève et qui est par conséquent censé avertir le médecin scolaire et les parents !

De plus, il y a une loi qui protège ces enfants ! De fait, l’élève qui est pris dans une classe d’intégration scolaire (CLIS) remplace automatiquement 5 autres élèves. Normalement, il devrait y avoir une CLIS à chaque gouvernorat. Et chaque enfant, ayant des difficultés, est censé avoir un tiers de temps supplémentaire de plus que ses pairs lors des examens et des devoirs.

Nous comprenons toutefois l’amertume de tous les parents qui, selon les témoignages, ne semblent pas trouver une ouïe attentive ni une présence réelle de ces canaux de communication. Mais les parents ne doivent pas baisser les bras, ils peuvent toujours s’adresser aux associations et travailler en amont et s’unir pour prévenir ce genre de problème».

 

Comment détecter le problème ?

Dans le même cadre, plusieurs signes annonciateurs ont été évoqués pour que la difficulté de l’enfant soit précocement détectée. « Si l’enfant a du mal à se concentrer même sur un jeu, s’il se lasse vite, si au départ l’enfant arrive à écrire ou à dessiner convenablement et maintient une logique dans ses travaux et qu’au fur et à mesure qu’il avance dans le temps, son écrit ou son graphique se détériore et se décline, cela révèle bien l’existence d’un problème ! Il faut agir immédiatement et l’emmener chez un pédopsychiatre.

En parallèle, cet élève doit être aidé : en classe, il doit s’assoir au premier rang, à côté d’un élève assidu et travailleur, il faut l’aider à retenir les choses importantes en les soulignant ou en les marquant avec des couleurs fluorescentes et il faut surtout qu’il soit encouragé. A chaque fois qu’il fournit un effort, parents et enseignants doivent lui donner des « bons points » et le valoriser.

Or, malheureusement, plusieurs enseignants ignorent ce problème et punissent l’enfant ! Pourtant, un hyperactif, à titre d’exemple, a absolument besoin de bouger. Au lieu de le punir, il serait beaucoup plus salutaire que l’enseignant lui donne des choses à faire : effacer le tableau, apporter le registre d’appel, distribuer les cahiers…Bref, il faut canaliser son surplus d’énergie dans des choses positives et valorisantes ! », ajoute Dr Mezghani.

Ceci dit, il est à rappeler qu’avant de dresser des diagnostics hâtifs, il est essentiel que l’enfant soit vu par un spécialiste qui devrait tout d’abord vérifier la vue, l’ouïe, le système nerveux… ensuite, l’enfant peut être envoyé chez un psychomotricien et chez un orthophoniste qui vont vérifier s’il a des troubles du langage, s’il y a un problème au niveau de la latéralité, de la motricité… Tous les signes fonctionnels doivent être passés au peigne fin.

Certes, il est impossible de pouvoir parler de toutes les raisons des difficultés scolaires, des causes et des solutions à la fois. Sante-tn, va, sûrement, revenir sur le sujet avec plus de détails…

 

Bibi

Article : Table ronde sur les difficultés scolaires