Bégaiement chez l’enfant : revenons à la « rupture » qui les bloque

Qu’est-ce que le bégaiement ?

Le bégaiement est un défaut d’élocution très fréquent qui touche l’articulation. On, le reconnaît via un blocage de la parole. Il existe trois formes de bégaiement : le bégaiement tonique qui se manifeste par la répétition de certaines syllabes. Celui clonique se manifeste à travers des coupures et donc par l’absence de la fluidité d’un discours et, enfin, le bégaiement mixte qui est celui qui regroupe les deux formes précitées.

Comment reconnaître un bégayeur ?

Le bégayeur est généralement un sujet sensible, voire hypersensible, timide et très émotif. Il a peur de prendre la parole ou de s’exprimer en public. Il appréhende de se bloquer devant les autres ou de ne pas être compris par ses vis-à-vis. Il préfère donc se terrer dans le silence, et d’être solitaire. Poussée à son extrême, cette peur entraîne le sujet à vivre quasiment isolé et renfermé sur lui-même. S’il se trouve dans l’obligation de parler, il fera en sorte de parler très rapidement pour ne pas se bloquer. Toutefois, ce trouble ne se manifeste jamais lorsque l’enfant est seul. C’est la présence d’une autre personne qui déclenche ce blocage !

Les trois formes du bégaiement

  • Le bégaiement tonique est caractérisé par l’interruption de la parole. Le discours n’est pas fluide, le sujet ne parle pas sans marquer un temps d’arrêt. Ses tensions musculaires sont fortes au niveau du visage et de la mâchoire. Et cette tension empêche la prononciation des mots. Le sujet se met à parler et tout d’un coup, il semble comme bloqué ! Sa mâchoire est ouverte ou entrouverte car en attente d’une parole qui ne vient pas, c’est comme si on l’a mis sur « pause » : aucun mot ne sort. A cet instant, l’adrénaline lui monte aux joues, le sujet rougit et son visage tremble très légèrement. Cela peut durer d’une à quelques secondes, ensuite le mot sera prononcé correctement une fois que la contraction musculaire de la mâchoire est relâchée. D’ailleurs cette contraction n’est visible que si on y prête vraiment attention. C’est la forme de bégaiement la plus difficile à déceler parce que le blocage ne dure qu’un petit moment.
  • Le bégaiement clonique est, en revanche, beaucoup plus difficile à cacher. Il se traduit par la répétition spasmodique et involontaire de la première syllabe d’un mot. Cette répétition est accompagnée par de brusques contractions au niveau du visage: contraction des mâchoires, tremblements des lèvres, battements des paupières avec la répétition des tics nerveux incontrôlables, la montée d’adrénaline, un rougissement, et de la sudation…
  • La troisième forme est le bégaiement mixte ou tonico-clonique qui associe les deux premiers types précités à la fois.

Pourquoi bégaie-t-on ?

Il s’agit d’un trouble psychologique et non physiologique. Aucune anomalie physiologique n’est généralement détectée. Le bégaiement est souvent lié à un trouble psychique latent en rapport à la petite enfance. Les spécialistes ont justement trouvé un lien entre le bégaiement et une rupture affective ou un choc émotionnel antérieurs (décès, divorce ou séparation des parents, absence ou voyage brusque d’un parent, déménagement subit…) Cette rupture est intérieurement non acceptée par l’enfant et ce refus se manifeste par le bégaiement qui lui-même est une forme de rupture dans la parole.

Quelles sont les conséquences ?

Le langage est un outil indispensable de communication. Si on n’arrive pas à extérioriser ce qu’on l’on ressent, cela se vit comme une véritable douleur et une grande gêne! Si le bégaiement n’est pas détecté précocement et qu’il n’est pas traité surtout ; le sujet peut rester à jamais bégayeur. Et là, la rupture du langage peut à la longue, se transformer en un handicap : l’enfant risque un échec scolaire, une ridiculisation de la part d’autrui et un rejet social. Cela peut même mener le sujet à une agressivité plus ou moins intense, à un repli sur soi, à une désocialisation et à des complexes… Et comme le bégaiement est lié à un problème psychologique relatant de l’enfance, cela peut, -en absence de traitement-, évoluer vers une maladie psychique plus profonde! 

Quelle issue ?

Le bégaiement n’est pas incurable, mais une prise en charge psychothérapeutique s’impose ! Ceci dit, parfois le thérapeute peut préconiser la pratique d’exercices de relaxation en parallèle pour soulager les tensions musculaires.

 

Bibi

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