Allergie aux protéines de lait de vache : Quand le problème est « dans » le biberon

Avant l’âge de deux ans, les œufs, le poisson et le lait sont considérés comme les principales causes d’allergies alimentaires et avant l’âge d’un an, c’est le lait qui en est l’agent majeur.

 

En effet, l’allergie aux protéines au lait de vache (APLV), appelée aussi intolérance aux protéines de lait de vache, est l’allergie alimentaire la plus fréquente chez les bébés avant la diversification alimentaire. Elle peut se manifester dès les premiers biberons ou être plus latente et se révéler plus tardivement mais heureusement qu’il s’agit d’une situation transitoire qui finit par disparaître vers l’âge de 3 ans dans la majorité des cas. Ceci dit, dans 20% des cas, cette allergie peut être rebelle, persistante et s’associer plus tard à d’autres types d’allergies alimentaires, à une rhinite allergique ou plus gravement à un asthme.

 

Pourquoi certains enfants sont allergiques au « lait » ?

 

Les protéines du lait, dont le nombre avoisine la trentaine, sont toutes potentiellement allergisantes. Mais celles qui sont le plus fréquemment incriminées sont la caséine et la bétalactoglobuline. Ces dernières sont à l’origine d’une sensibilisation au niveau des intestins du nourrisson ce qui engendre la cascade des troubles digestifs bien connus par les mamans.

 

Quels sont les signes qui accompagnent cette allergie ?

 

En plus des troubles digestifs qui représentent plus de la moitié des manifestations cliniques, les signes cutanés et respiratoires représentent respectivement 30% et 19% des tableaux cliniques rencontrés.

 

Une à deux heures après le biberon surviennent des vomissements, des selles liquides, voire de la diarrhée et une urticaire. Chez les enfants plus âgés, des douleurs abdominales, une toux persistante ou carrément un tableau d’asthme sont décrits.

 

Pour authentifier l’APLV, le meilleur test reste celui de l’éviction-réintroduction qui consiste, comme son nom l’indique, en la suppression du lait pour que les signes cliniques disparaissent puis en sa réintroduction pour voir réapparaître ces symptômes. Il faut toutefois savoir que ce test, potentiellement dangereux, doit impérativement être réalisé dans une structure hospitalière équipée des moyens nécessaires pour la réanimation et sous stricte surveillance médicale, car la littérature rapporte tout de même des cas de mort subite de nourrissons en rapport avec une allergie cataclysmique.

 

Comment faire face à cette allergie ?

 

Bien entendu, le meilleur aspect thérapeutique repose sur l’éviction des protéines lactées et c’est au praticien de prescrire les produits de remplacement appropriés à l’état clinique et nutritionnel du bébé. C’est au médecin également de décider de l’âge et des modalités de la réintroduction du lait. D’après les statistiques, une allergie à une protéine de lait mettrait 12 mois pour disparaître naturellement.

Afin de minimiser ce risque d’allergie qui ne cesse de s’accroître, l’allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois est fortement conseillé et une diversification alimentaire suivra passé ce délai. Il est également recommandé de retarder l’introduction du blanc d’œuf du poisson et de l’huile d’arachide, soit après la première année.

 

 

E.K.L