Accidents domestiques : les gestes élémentaires de secourisme à connaître!

Accidents domestiques : les gestes élémentaires de secourisme à connaître!

Certes, pour réduire les risques, il y a une liste exhaustive de précautions salvatrices que tout le monde connait théoriquement. En effet, un minimum de bon sens suffirait pour qu’on se protège. Mais un accident survient toujours sans prévenir. Et ce que monsieur tout le monde ignore, ce sont les gestes de secourisme.

Les accidents domestiques sont pourtant la cause d’un taux important de mortalité surtout celle infantile ! Ces accidents surviennent là où on s’y attend le moins ! De plus, le temps d’arriver aux urgences, il est parfois trop tard ! Comment peut-on sauver une vie humaine ? Comment réduire les risques en attendant les secours ? Santé TN a posé la question à Mlle Mhirsi, infirmière à l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis.

« D’abord, je dois dire qu’il serait impossible d’évoquer, en une seule fois, tous les types d’accidents. Il est tout aussi difficile de dire, d’un coup, tout ce qu’il faut faire pour venir en aide aux victimes ! 

Toutefois, l’on va évoquer les accidents les plus fréquents et les plus dangereux. Ceci dit, il est vrai que nous voyons des horreurs innombrables dans les urgences de l’hôpital. Les premiers touchés sont justement les enfants. Parce qu’il suffit que les parents tournent le dos pour que le risque soit effectif ! Et plusieurs parmi les victimes, tous âges confondus, arrivent malheureusement avec des complications qu’on aurait très bien pu éviter si l’on connaissait les ABC les plus élémentaires des gestes de secours.

Certes, une personne ordinaire n’est pas censée avoir une formation de secouriste d’autant plus qu’en Tunisie, on n’a hélas pas droit à ce genre de cours à l’école. Mais je crois qu’il est primordial qu’on connaisse les gestes de premiers secours surtout si on vit avec des enfants ! Et puisque l’occasion se présente, je voudrais parler également des fausses idées reçues quant à certains gestes de secours parce qu’elles rendent notre travail encore plus difficile !

 

Brûlures et blessures

« Les accidents les plus fréquents et qui peuvent donner lieu à des complications plutôt graves sont de premier abord les brûlures qui peuvent être de deux types : celles en contact avec un liquide ou un produit chauffé (eau bouillante, huile de friture, bouillon en cocotte, fer à repasser…) et celles qui ont lieu suite à un contact avec un produit chimique. Les gestes de secours dans les deux cas restent les mêmes et indépendamment des degrés de brûlure.

Ce qu’il  faut primordialement faire comme premier acte de secours : c’est de refroidir la brûlure en la mettant directement sous le robinet et en l’arrosant à l’eau froide. Ce refroidissement doit durer au moins 5 minutes. Ceux qui se trouvent loin des robinets peuvent toujours utiliser l’eau en bouteille et plus l’eau est froide mieux c’est. En parallèle à l’arrosage, on essaie de retirer les vêtements à l’exception des habits qui adhérent à la peau. Si l’on voit que des parcelles sont collées, on se contente de refroidir en attendant la venue des secours ou en attendant de se rendre aux urgences. 

Plusieurs personnes croient malheureusement que tout ce qui donne une sensation de froid peut être mis sur une brûlure : c’est faux ! Mettre de la pommade, du jus de tomate, du dentifrice ou des blancs d’œufs compliquera les choses ! Il ne faut jamais mettre de produits sur une brûlure. On se contente d’eau froide.

Les accidents qui sont aussi fréquents sont les blessures. Là, je dois dire qu’on n’agit pas de la même manière devant toute plaie. En effet, s’il s’agit d’une plaie superficielle sans risque d’hémorragie et qui ne touche pas les artères, on peut se contenter d’un soin à la maison. Il est important que l’éventuel soignant se lave d’abord soigneusement les mains à l’eau et au savon avant de toucher la victime. Puis, il nettoie la plaie superficielle avec un savon à PH neutre. Puis on applique une solution antiseptique. Il faut éviter de toucher la plaie. On termine par placer un pansement ou une compresse stérile et finir avec une maille élastique. Ce pansement doit être changé tous les jours. Ceci dit, s’il y a une douleur, un gonflement ou une rougeur autour de la plaie, il faut consulter un médecin ou un infirmier parce que la plaie est probablement infectée. Certaines personnes croient à tort que la poudre de café peut arrêter l’hémorragie ou le saignement… Non seulement c’est une idée fausse, mais le café peut compliquer les choses !

Cela dit, si la plaie est vraiment profonde, si le saignement est très important ou si la plaie contient des corps étrangers (verre, terre, débris de fer, de bois…), si elle touche l’artère ou si elle est située près d’un orifice naturel (orifices du visage, organes génitaux, anus), il faut consulter immédiatement un médecin ou un centre d’urgence.

En attendant, on allonge la victime, on fait recouvrir la plaie avec des compresses stériles ou un linge très propre. Si le sujet saigne abondamment, il faut faire une compression manuelle immédiate avec la paume de la main directement sur la plaie où à l’aide d’un linge propre. Et ce, jusqu’à son relais par un pansement compressif ou par les secours.»

 

Etouffement et étranglement

Je dois également évoquer l’étouffement car il s‘agit d’un problème fréquent surtout chez les enfants. Lorsque ce dernier semble suffoquer et n’arrive plus à respirer, c’est sa vie qui est en danger ! Si l’enfant arrive à respirer, on doit l’encourager à tousser en le surveillant parce que s’il est étranglé avec un corps étranger, l’objet sera expulsé en toussant.

En revanche, s’il ne respire plus et s’il vire au bleu, on ne doit pas essayer de retirer le corps  étranger parce qu’on risque de l’enfoncer davantage ! Les gestes à faire nécessitent qu’on ait bénéficié auparavant d’une formation de secouriste ! Si aucun corps n’est visible, on alerte immédiatement les secours.

Mais à titre informatif seulement la procédure est une technique de désobstruction : On s’assoit à califourchon, on tient l’enfant couché sur le ventre sur notre avant bras et on lui donne cinq tapes dans le dos avec le plat de la main ouverte entre les deux omoplates. Ensuite on examine la bouche, si le corps étranger est visible, on le retire délicatement. »

 

Bibi

Mlle Mhirsi
Mlle Mhirsi, infirmière à l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis.

Mlle Mhirsi, infirmière à l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis