Et si le jeûne protégeait contre le cancer du sein ?

Une question qui aura probablement trouvé réponse suite à une étude intitulée « Prolonged nightly fasting and breast cancer prognosis » et publiée en ligne le 31 mars dernier dans « JAMA Oncology ».

A ce jour, seules les études expérimentales sur rongeurs avaient montré que le jeûne prolongé incluant le sommeil influencerait positivement la carcinogénèse et protégerait contre les anomalies du métabolisme glucidique, considérées comme des facteurs de risque du cancer du sein mais rares, pour ne pas dire inexistantes, les études qui avaient traité de ce sujet sur l’être humain.

Ce travail, le « Women’s Healthy Eating and Living » (WHEL), est un essai randomisé multicentrique qui a pour objectif de déterminer l’impact de la durée du jeûne sur la récidive et la mortalité par cancer du sein. Il a porté sur 2413 femmes atteintes d’un cancer du sein à un stade précoce et indemnes de diabète et a été conduit du 1 Mars 1995 au 3 mai 2007. L’analyse des données a duré 5 mois, entre 18 mai et 5 octobre 2015.

La moyenne d’âge des patientes était de 52,4 ans au moment du diagnostic, 85% étaient d’ethnie blanche et plus de la moitié (55%) avaient un niveau d’instruction universitaire.

Les informations relatives à la durée du sommeil, l’activité physique, aux ingesta de la journée, le nombre de prise alimentaires après 20h… avaient été recueillies par autoquestionnaire. Des échantillons sanguins avaient servi pour le dosage de l’hémoglobine glyquée et de la C-réactive protéine (CRP) comme marqueur d’inflammation chronique. La durée du jeûne sur 24 heures a été située entre la première et la dernière prise alimentaire par jour. Les résultats cliniques se sont intéressés à la récidive du cancer et à la mortalité.

Pendant une période globale de surveillance de 11,4 ans, il a été constaté que la durée moyenne du jeûne pendant le sommeil est de 12,5 heures avec 32,7% de femmes accros aux prises alimentaires de plus de 25 Kcal après 20h. Par ailleurs, chaque deux heures de plus durant le jeûne nocturne induit une baisse du taux de l’hémoglobine glyquée et une durée plus longue de sommeil alors que les prises alimentaires d’après 20h sont causes d’un IMC élevé et d’une augmentation de la CRP.

Cette analyse a conclu à une hausse de 36% du risque de récidive du cancer du sein si la durée du jeûne nocturne est inférieure à 13 heures mais aucune relation n’a été établie entre la durée de ce jeûne et la mortalité spécifique et globale.

Ainsi, prolonger la durée du jeûne nocturne peut s’avérer une méthode simple et efficace pour améliorer le métabolisme glucidique et le syndrome inflammatoire et pour réduire le risque de récidive du cancer du sein.

E.K.L