Hyperhemesis gravidarum et placenta

Hyperhemesis gravidarum est caractérisée par l’apparition de nausées et de vomissements incoercibles causant des troubles électrolytiques profonds. C’est un tableau plus grave que les simples nausées-vomissements gravidiques courants qui ne causent pas de troubles électrolytiques et acido-basiques graves et n’engagent pas le pronosticmaterno-foetal. Cette forme est une affection plutôt rare.

Une étude suédoise récemment publiée dans l’international journal of obstetrics and gynaecology s’est intéressée à la relation entre cette affection et les anomalies de développement placentaire. Un éventuel rapport entre un hyperhemesis gravidarum apparu au cours du premier trimestre (avant 12 semaines d’aménorrhée) et  2ème trimestre (entre 12 et 21 semaines) et les troubles de fonctionnement placentaire.

La population choisie a inclus toutes les grossesses suivies entre janvier 1997 et décembre 2009 donnant naissance à un seul enfant.  1 156 050 grossesses ont été analysées. 10186 parmi ces patientes ont été hospitalisées pour hyperhemesis du premier trimestre et 2084 ont été hospitalisées au deuxième trimestre. 

Les femmes non diagnostiquées avec un syndrome d’hyperhemesis gravidarum ont servi de groupe témoin.

Le risque de complications liées aux dysfonctionnements et anomalies placentaires(pré-éclampsie, éclampsie, hématome rétro-placentaire, mort fœtale, faible poids à la naissance) chez cette population a été comparé à celui du groupe témoin en prenant en considération l’âge maternel, la parité, le BMI, la taille, le tabagisme, vie en couple ou mère célibataire, sexe de l’enfant, niveau d’éducation de la mère, l’hyperthyroïdie, diabète gestationnel et l’hypertension artérielle. 

Les résultats de l’étude ont montré que les femmes qui ont eu un hyperhemesis gravidarum du premier trimestre ont présenté une faible augmentation du risque de pré-éclampsie. Les femmes admises à l’hôpital pour hyperhemesis du deuxième trimestre ont vu le risque de naissance prématurée (avant 37 semaines d’aménorrhée) en rapport avec une pré-éclampsie passait du simple au double. Et ils ont noté une augmentation de 37% du risque d’hématome rétro-placentaire.

Les chercheurs ont conclu à la relation de l’hyperhemesis gravidarum (surtout du deuxième trimestre) et le dysfonctionnement placentaire avec sesfâcheuses conséquences.

A.Kh