La douleur dans l’arthrose, est-elle acceptable ?

En rhumatologie, la douleur représente 85 % des motifs de consultation. L’arthrose arrive en tête du classement par fréquence des douleurs ostéoarticulaires.

Le Dr.Dominique Pérocheau du Service de médecine interne du centre d’évaluation et de traitement de la douleur, Hôtel-Dieu, en France s’est intéressée a la question de savoir quelle est la différence pertinente entre deux états douloureux pour le patient souffrant d’arthrose, et a présentée la notion de douleur acceptable dans l’arthrose. Pour ce faire elle à analysée différentes études réalisées a ce sujet.

Le critère le plus utilisé dans l’arthrose, est celui de la douleur. Pour mesurer son intensité, diverses échelles sont couramment utilisées : numérique (EN), visuelle analogique (EVA) ou verbale simple, à l’activité et au repos. Mais, les résultats obtenus avec les échelles visuelles analogiques ou numériques sont largement dépendants des explications données et de la compréhension du patient. En outre, il reste à déterminer à partir de quelle valeur la diminution de la douleur devient significative pour le patient ? Est-ce le critère le plus pertinent pour évaluer l’amélioration des patients souffrant d’arthrose.

Deux notions sont considérés : L’amélioration ou la différence minimale cliniquement importante ou Minimal Clinically Important Improvementor Difference (MCII ou MCID) qui traduit la perception par le patient d’une amélioration réelle : notion « d’aller mieux » et le Patient Acceptable Symptomatic State (PASS) qui illustre les concepts de faible niveau d’activité d’une maladie chronique, de rémission partielle et de bien-être. Il reflète un état (et non une variation) symptomatique en deçà duquel le patient considère qu’il va bien : notion « d’aller bien ».

Une étude multinationale (7 pays) a eu pour objectif d’estimer la valeur du MCII et du PASS sur4 critères généraux, dans 5 pathologies rhumatismales. Au total, 1532 patients furent suivis pendant 4 semaines, sous traitement AINS.

La recommandation pour la valeur (sur une EVA) du MCII est de 15 mm pour une amélioration absolue et de20 mm pour une amélioration relative. Pour le PASS, le seuil est de 40 mm que ce soit sur la mesure de la douleur, de l’activité physique ou de l’appréciation globale du patient.

Une autre étude a déterminé le MCII pour 1362 patients atteints de coxarthrose ou de gonarthrose.

Le MCII est déterminé par le 75epercentile de la variation de score au cours de l’étude, dans le groupe de patients qui estiment avoir eu une bonne réponse au traitement. Soixante-quinze pour cent ont expérimenté une diminution de leur douleur entre la valeur initiale et la valeur finale, supérieure à 19,9 mm (sur une échelle de 0 à100 mm)

La valeur du MCII varie en fonction du score de base du patient : plus la douleur initiale est importante, plus la variation doit être importante pour que le patient aille mieux. Par contre, les variations du MCII ne sont pas corrélées à l’âge, au sexe ou à la durée d’évolution de la maladie.

Le Dr Pérocheau conclu que la notion d’acceptabilité de la douleur de l’arthrose, déterminée par la valeur du PASS, est fondamentale pour déterminer si une amélioration est pertinente ou non.

Le PASS est peu influencé par l’âge, la durée d’évolution de la maladie ou le sexe.

B.H.S