Serait-on toxico aux rayons de Râ … le roi soleil ?

L’été est là, beaucoup d’entre nous sont incapables de résister à l’invitation à la plage pour profiter du soleil et bronzer, et ce malgré les conseils et recommandations des experts de la santé à propos des méfaits de l’exposition prolongée au soleil.

Des chercheurs américains dont le Dr David Fisher de l’hôpital général du Massachusetts et la Harvard Medical School à Boston, ont publié dans la revue « Cell » les résultats de leurs travaux à l’appui desquels ils ont découvert ou plutôt confirmé  le secret de cette attirance pour le soleil.

Selon cette publication, notre organisme  libère sous l’effet des rayonnements ultraviolets du soleil, des endorphines – des hormones  de « bien-être » – qui  agissent comme une drogue provoquant une sorte de dépendance à l’exposition au soleil.

C’est la peau qui sous l’effet des ultra-violets, participe à la régulation de la production de mélanine en synthétisant elle-même le précurseur de cette hormone, connu sous l’abréviation MSH, « Melanocyte Stimulating Hormone » ou en français hormone stimulant les mélanocytes, ces cellules de la peau qui font qu’on produit  la mélanine pour se protéger des effets néfastes du soleil en provoquant le bronzage tant recherché par les estivants.

Cette fameuse  MSH, stimule, semble t il l’appétit mais aussi l’appétit sexuel !! Alors les bons vivants ….à vos maillots !

Ainsi donc, quand on se fait bronzer on produit l’hormone qui va brunir la peau,  la mélanine, la MSH, un excitant sexuel, mais en même temps de la beta-endorphine qui va procurer une sensation de bien-être.

La beta-endorphine est une morphine produite par l’organisme d’où le préfixe « endo » qui veut dire interne. Elle est, parait il cent fois plus puissante que la morphine pour calmer la douleur et faire « planer ».

Jusque là tout est formidable. Mais ces UV  du soleil ont malheureusement tendance à endommager l’ADN des cellules de la peau et à favoriser l’apparition de mélanomes, la catégorie de cancer la plus mortelle qui soit.

Environ 90% des cancers de la peau sont causés par l’exposition à ces rayons.

Aussi, l’exposition répétée crée comme pour l’usage de la morphine une sorte de dépendance au soleil. On a pris sa dose, on recommence et ainsi de suite, et c’est gratuit! Pourquoi se priver de son shoot quotidien ? Il y a donc un réel effet pervers dans cette attitude à se faire bronzer coûte que coûte pendant les mois d’été. C’est dangereux et c’est comme une drogue dure et pas n’importe laquelle, la morphine.

Selon Fisher et ses collègues, des études antérieures ont indiqué que de nombreuses personnes qui adoptent un comportement de recherche-UV répondent aux critères cliniques de la toxicomanie. Mais Fisher note que les mécanismes sous-jacents de toxicomanie UV ont été peu clarifiés.

Dans une tentative de démêler les rouages ​​derrière la dépendance UV, l’équipe a mené une étude dans laquelle des souris rasées ont été exposées pendant 6 semaines aux rayons UV du soleil de midi en été et ce sur une durée de  20- 30 minutes par jour.

A l’issue de la 1ère semaine, les chercheurs ont constaté que les niveaux d’endorphine dans le sang des souris a augmenté. Les souris se portaient à merveille.

Après 6 semaines d’exposition aux rayons UV, on injecta à une partie des souris un médicament opioïde-bloquant (antagoniste de la morphine); Cela a provoqué des symptômes de sevrage tels que des tremblements et claquement des dents Les souris n’ont pas aimé ne plus s’administrer leur shoot d’endorphine auquel elles avaient fini par s’habituer ce qui indique que l’exposition excessive aux UV déclenche le comportement de dépendance semblable à la dépendance physique.

B.H.S