Importance de l’auto-surveillance glycémique

glycemie-a-jeun-diabate-type-2-sante-TunisieLa prévalence du diabète est en perpétuelle augmentation dans le monde et ceci est surtout valable dans les pays en voie de développement. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il y aurait 347 millions de personnes diabétiques dans le monde. Ce chiffre devrait augmenter de plus de 50% au cours des 10 prochaines années, ce qui ferait du diabète la 7ème principale cause de décès dans le monde d’ici 2030. Le diabète est une maladie chronique qui apparaît lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline ou que l’organisme n’utilise pas correctement l’insuline qu’il produit. L’insuline est une hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang. L’hyperglycémie, qui est une augmentation de la concentration de sucre dans le sang, est consécutive à un diabète non contrôlé qui conduit avec le temps à des complications graves des nerfs et des vaisseaux sanguins.

L’Autosurveillance Glycémique (ASG) consiste à mesurer soi-même sa glycémie à l’aide d’un lecteur de glycémie et ainsi en dépister les fluctuations : hyperglycémie et hypoglycémie (baisse du taux de glucose). Elle est en général réalisée à partir d’une goutte de sang prélevée à l’extrémité d’un doigt. L’ASG est reconnue comme un outil indispensable pour atteindre un équilibre glycémique chez les patients diabétiques de type 1 (DT1), ainsi que chez les diabétiques de type 2 (DT2) traités par insuline et en cas de diabète gestationnel. Les avis sont partagés sur son utilité chez les DT2 traités par un régime et/ou des antidiabétiques oraux (ADO).

Une récente revue de la littérature publiée en février 2014 dans le journal Diabetes Technology & Therapeutics s’est intéressée à 13 articles scientifiques traitant du contexte actuel, de l’utilité et des recommandations de l’ASG dans le DT1 et le DT2. Les deux auteurs, le Dr Satish K. Garg et le Dr Irl B. Hirsch font partie respectivement du Centre Barbara Davis pour le Diabète de l’Enfant de l’Université du Colorado et de l’Université du Centre Médical de Washington de Seattle. L’équipe de santé-tn a décrypté pour vous les études les plus intéressantes.

Une étude multicentrique incluant 24500 patients de 191 centres allemands et australiens a montré que l’ASG est associé à un meilleur contrôle métabolique chez les patients DT1 et DT2. Une autre étude multicentrique, impliquant plus de 67 centres de référence aux états unis et ayant recrutée plus de 20 milles patients atteints de DT1, a montré clairement le rôle de l’ASG dans l’amélioration du contrôle glycémique. En effet, une différence de 1,5 % dans les valeurs de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) a été retrouvée entre les sujets ayant fait une mesure de leur glycémie à huit reprises dans la journée par rapport aux sujets n’ayant fait aucune mesure. L’étude italienne PRISMA, un essai randomisé, a montré que la mise en place d’une ASG structurée améliore le contrôle glycémique et oriente la prescription chez les patients DT2 non traités par l’insuline. Une étude suisse, basée sur la mesure de l’ HbA1c sur une année, a permis de montrer qu’un bon contrôle glycémique était possible avec une insulinothérapie flexible basée sur une éducation continue des patients DT1 et avec un minimum de quatre ASGs par jour. L’étude allemande ROSSO, a souligné l’efficacité de l’ASG chez les patients DT2. Cet essai randomisé a opposé deux groupes de patients, une première moitié a reçu un glucomètre avec 150 bandelettes de test avec pour instruction de vérifier leur glycémie le plus souvent possible,  tandis que l’autre moitié consistant en un groupe témoin n’a pas reçu de glucomètre. Les auteurs ont conclu que l’intégration de l’ASG dans la prise en charge primaire du DT2, qui inclut entre autres des changements du style de vie, améliore considérablement le métabolisme du glucose. Une dernière étude a aussi montré qu’il existait des différences importantes selon l’ethnicité dans la prise en charge du diabète. En effet, les afro-américains ont une fréquence d’ASG significativement basse par rapport au reste de la population.

L’Autosurveillance Glycémique apparaît donc comme un outil nécessaire pour obtenir un bon contrôle glycémique dans le traitement du DT1 et du DT2. L’utilisation de l’ASG donne même des résultats, en cas de changements thérapeutiques précoces, chez les sujets atteints de DT2 non-insulinodépendants.

K.L