Il y a le « burn out » mais aussi le « burn in »

On rencontre beaucoup le terme de « burn out » sur les réseaux sociaux ces derniers temps mais en réalité c’est une situation qui a été définie il y a bien longtemps. Si je le présente comme « situation », c’est parce qu’il ne fait pas encore partie des diagnostics dument répertoriés dans le DSM-5 (DSM pour Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders est le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).

En 1969, Loretta Bradley, professeur et coordonnatrice des conseillers d’éducation de l’Université Technique du Texas, met en place pour la première fois la notion du stress professionnel et le désigne par le ‘burn-out’, une terminologie anglaise qui signifie se consumer, brûler. Cinq ans après, le psychiatre et psychothérapeute allemand Herbert J. Freudenberger s’intéresse de près à ce phénomène nouveau à travers le changement de comportement de certains de ses collaborateurs qui, après une période d’activité, se sentaient démotivés, étaient devenus intolérants au stress avec l’incapacité de faire face à de nouveaux défis et se plaignaient constamment de fatigue. En 1982, trois médecins japonais, Hosokawa, Tajiri et Uehata, détaillent ce syndrome qu’ils nomment le « Karoshi » qui signifie mort par le travail.

L’installation du burn-out n’est pas brusque mais elle est précédée d’une phase dite de burn-in. Le burn-in est caractérisé par un présentéisme important, par opposition à absentéisme, avec une implication importante et abusive dans le travail aux dépens des capacités physiques et parfois même des problèmes sérieux de santé de l’individu. On est loin de la rentabilité et de la productivité professionnelle, la personne est présente physiquement mais elle est démotivée et fatiguée. Les raisons de la sollicitation excessive de soi tournent généralement autour de la crainte de perdre son emploi ou d’un besoin de reconnaissance de ses performances de la part de ses supérieurs, et à un moindre degré de ses collègues.

Comment définir le burn-out ?

Le burn-out est défini par l’association de trois critères qui sont : l’épuisement au travail, la dépersonnalisation et la perte d’empathie envers autrui et l’inefficacité professionnelle.

La personne victime du burn-out est constamment asthénique et démotivée au point d’en arriver à la frustration. Elle est détachée, froide à l’égard des autres, manque cruellement d’empathie et cynique. Cet individu est aussi caractérisé par de la méfiance, du pessimisme et peut être agressif moralement et même physiquement. L’inefficacité professionnelle, auparavant appelée réduction de l’accomplissement professionnel, est le résultat d’une auto-dévalorisation, d’un sentiment d’incompétence et de la dévalorisation de son travail.

De l’enthousiasme au désespoir en passant par la stagnation, la frustration et l’apathie, le burn-out s’accapare de sa victime d’une façon lente et insidieuse. A ses débuts, enthousiaste, motivé avec un investissement surréaliste, le burned-out commence par ne plus éprouver de la satisfaction à travailler autant avec l’envie de débrouiller du temps pour sa vie privée, s’en suit l’étape de la frustration avec l’apparition des premiers signes d’asthénie et de sentiment d’incapacité avec l’irritabilité et l’envie de se replier sur lui-même. En évoluant vers l’apathie, c’est le désintérêt total vis-à-vis de ses fonctions et le détachement des autres et l’étape ultime est le désespoir, phase pendant laquelle la personne réalise son incapacité à changer le système et à faire face aux difficultés bureaucratiques et sociales et perd tout espoir dans l’avenir.

La victime du burn-out peut présenter des symptômes tels que des douleurs générales et diffuses, de l’insomnie, des problèmes du tractus digestif et peut même présenter des conduites addictives.

La prise en charge

La récupération d’une personne victime du burn-out est lente et laborieuse. L’arrêt de travail pendant quelque temps est nécessaire. Une thérapie cognitivo-comportementale est aussi d’une grande rescousse, l’objectif étant de réapprendre à la victime de reconnaître ses sentiments et ses besoins et surtout, de gérer son stress et faire face aux problèmes et aux difficultés aussi bien professionnels que personnels. Un traitement pharmacologique est parfois recommandé surtout si la personne est anxieuse ou dépressive.

E.K.L

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