Les produits chimiques, causes des ménopauses précoces ?!

L’industrialisation galopante a engendré la production de milliers de produits chimiques utilisés dans l’industrie pharmaceutiques, dans les produits de soins personnels et dans bien d’autres usages. Bien que ces produits suscitent beaucoup de soucis au sujet de leurs conséquences sur la santé, les données sur le potentiel de leurs effets toxiques restent insignifiantes.

Certains de ces produits dits « endocrine disrupting chimicals »(EDC)  produits perturbateurs endocriniens, interférent avec l’action hormonal in vivo et seraient  particulièrement dangereux à la santé humaine car l’exposition à ces produits a été liée à l’incidence de certains cancers, de syndromes métaboliques, de maladies cardio-vasculaires, de baisses de fécondité et de complications de grossesse. Cependant l’association  entre les EDC et la ménopause précoce n’a pas été explorée à  large échelle.

C’est dans cet objectif que des chercheurs de l’université du Missouri aux USA  ont entrepris une étude à ce sujet dont les résultats ont été publiésdans la revue « PLOS ONE ».

Ces chercheurs se sont basés sur une enquête du « National Health and Nutrition Examination Survey » (NHANES)  utilisant des données de santé de 31 575 femmes de 1999 à 2008 pour trier un certain nombre de volontaire choisies selon des critères précis.

Les participantes au test étaient des femmes ménopausées de plus de 30 ans d’âge, non enceintes, ni allaitante, n’utilisant pas de contraception hormonale et n’ayant pas d’antécédents d’ovariectomie bilatérale ni d’hystérectomie

Il a été procédé à l’analyse de leurs urines pour déterminer les niveaux des EDC  des catégories telles que les dioxines (sous produits de combustion), phyto estrogènes (estrogène dérivé des plantes) les phtalates (plastifiant) les diphényles de  polychlorures (PCB réfrigérant) les dérivés des phénols (industries polluantes) les organophosphores (des pesticides et des surfactants) et les hydrocarbures aromatiques polycycliques(PAH produits de combustion).

Ces analyse ont  porté sur 111 produits chimiques qui ont été stratifiés selon leurs demi-vies : longue (> 1 an), courte, et inconnue et se sont focalisées principalement sur les produits ayant une longue demi-vie ainsi que sur les phtalates, connus comme étant très toxiques et nocifs pour la reproduction.

Les résultats ont montré que l’age moyen de la ménopause des femmes ayant des taux élevés d’EDC  était  atteint  1.9 à 3.8 ans plus tôt que chez les femmes ayant de faibles niveaux de ces dits produits.

Les femmes exposées aux EDC  étaient jusqu’à six fois plus susceptibles d’avoir la ménopause précoce que les femmes non exposées.

Cette étude d’un échantillon représentatif de femmes américaines démontre une association évidente entre les produits chimiques (perturbateurs endocriniens) et la ménopause précoce.

Les auteurs de cette étude ont  identifié 15 perturbateurs endocriniens parmi les 111 produits chimiques considérés. Ceux ci justifient des évaluations plus détaillées en raison de leur persistance et de leurs  effets néfastes sur la fonction ovarienne car la ménopause précoce peut modifier négativement  la durée et la qualité de vie d’une femme en plus des implications d’infertilité, et de conséquences sur la reproduction humaine que provoqueraient l’exposition à ces produits.

 

B.H.S