Y à t-il un analgésique idéal contre la douleur aigue ?

medicament-analgesique-ideal-contre-douleur-aigueLa douleur aigue apparaît généralement suite à la détérioration d’une infection ou l’inflammation des tissus mous. Elle  dure généralement moins de 1 mois, mais dans certains cas, elle peut même dépasser  6 mois.

Un traitement inadéquat de la douleur aiguë pourrait la rendre persistante et chronique, d’où l’importance d’une thérapie rapide et efficace.

Cette thérapie nécessite un analgésique qui soit efficace, sur, et associé à peu d’effets secondaires.

Une revue de la littérature publiée dans « acute pain journal » a permis de relever les caractéristiques de « l’analgésique idéal » pour  la gestion de chaque type de douleur aiguë et cas particulier de patient,  et ce en analysant les données courantes sur l’adéquation des analgésiques disponibles à savoir l’acétaminophène (Paracétamol), les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’ibuprofène et les opioïdes. L’objectif de ces travaux était de pouvoir définir la meilleure thérapie de combinaison possible.

L’Acétaminophene (Paracétamol) :

L’acétaminophène est un analgésique et anti-pyrétique  couramment utilisé pour le soulagement de la douleur aiguë et la baisse de la fièvre. Il inhibe indirectement une variante de la cyclo-oxygénase, COX 3, qui est une enzyme à action centrale.

Une méta-analyse de 40 essais, incluant  4171 patients, a démontré que l’acétaminophène 1000 mg a  un (NNT)  « Number needed to treat » de 4,6 pour la réduction  de la douleur d’au moins 50% par rapport au placebo. Le NNT de l’acétaminophène  600/650 mg est  de 5,3.

En comparaison avec les AINS, l’acétaminophène est un analgésique légèrement plus faible, associé à moins de 10 points sur «  le visual analogues scale » (VAS)   (échelle d’analogues visuels) de 100 points.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) :

Les AINS sont couramment utilisés pour le contrôle des douleurs aiguës et chroniques, et sont efficaces contre les douleurs modérées à sévère. Ce sont des inhibiteurs des enzymes COX-1 et -2, qui catalysent la formation des prostaglandines intervenant dans le processus de l’inflammation. Les AINS sont rapidement absorbés et métabolisés par le foie.

Parmi les AINS, l’ibuprofène semble avoir le profil risques-avantages le plus favorable. Chez les patients subissant une chirurgie orale, l’ibuprofène 200 mg est  comparable au naproxène 220 mg, et l’ibuprofène 400 mg au kétoprofène 25 mg.

En outre, il a été démontré que l’ibuprofène 400 mg est aussi efficace que l’aspirine 600 ou 900 mg / jour contre les types de douleur modérée et plus que l’aspirine ou l’acétaminophène contre les douleurs les plus sensibles telles que la douleur dentaire.

Les effets secondaires de ces médicaments ont tendance à varier selon  l’AINS. Les plus fréquemment rencontrés sont les troubles gastro intestinaux

Les opioïdes :

Les opioïdes sont utilisés pour le traitement de la douleur qui ne répond pas à d’autres analgésiques, y compris les douleurs modérée à grave-et neuropathiques. L’opiacé le plus couramment utilisé pour traiter les douleurs les plus  communes est la codéine.

Les effets indésirables des opiacés sont bien connus et comprennent la dépression respiratoire, les nausées, la sédation, l’euphorie ou la dysphorie, la constipation et les démangeaisons.

Une thérapie combinée :

Une synergie entre ces différents médicaments ou au moins leur addition et combinaisons  peut procurer une analgésie plus efficace que ne le ferait un agent seul.

En effet l’acétaminophène, par exemple, est un analgésique de base convenable, avec un bon profil de tolérance ; Cependant, il est moins efficace que les AINS par conséquent, il est préférable de le combiner  avec d’autres analgésiques.

Des études récentes ont trouvé un avantage certain dans la combinaison du kétoprofène avec de l’acétaminophène.

De même que la combinaison d’acétaminophène et de l’ibuprofène a été testée pour le traitement de la fièvre chez les enfants, procurant une faible amélioration des effets, par rapport à de l’ibuprofène seul.

Cette évaluation a identifiée un ensemble de critères d’un « analgésique idéal ». Celui-ci  doit avoir un début d’action rapide, fournir une interruption minimale de la douleur, être efficace contre un large éventail de types de douleur et dans différents types de populations de patients, et avoir  un profil de tolérance favorable.

Cette combinaison de caractéristiques est probablement difficile à obtenir, mais le défi serait simplement de définir ce qui constitue l’analgésique acceptable pour chaque  type de douleur et de patient particuliers, vu que les réponses varient selon les individus. L’échec thérapeutique avec un analgésique donné ne condamne pas ce dernier au succès avec un autre patient.

Bien que les analgésiques disponibles actuellement puissent ne pas avoir tous ces dits  critères, la préférence d’un analgésique sur une autre dépend du type et du degré de sévérité de la douleur, de l’âge du patient et d’un quelconque disfonctionnement  organique 

Les besoins individuels déterminent ainsi l’aptitude et le choix du médicament le plus approprié.

B.H.S