Vaccination antigrippe A (H1N1) California 2009 : la saga

A l’approche de la mauvaise saison, cela dépend pour qui ou pourquoi, on entend tous parler de la vaccination antigrippal. Cette dernière, bien rodée, correspond à la vaccination contre les virus influenza dit saisonniers. Qu’en est-il de la vaccination contre les virus variant dits pandémiques ? Pour répondre à cette question, nous avons décidé de décortiquer l’étude de François Bricaire, publiée dans la revue Antibiotiques en 2010 et qui s’est intéressée à la pandémie de 2009-2010 causée par le virus A California H1N1.

Tout a commencé en 2003, avec les craintes émises par l’OMS de voir apparaitre une pandémie de grippe sévère, causée par un virus aviaire, A H5N1, responsable d’une épizootie, une maladie touchant une espèce animale ou un groupe d’espèces dans son ensemble, pouvant évoluer en anthropo-épizootie, par mutation, si l’infection épizootique est transmissible des oiseaux à l’homme. Les industriels du vaccin se sont donc mis à l’œuvre, en se basant sur les technologies déjà existantes, tout en essayant de relever certains défis comme  trouver des variants viraux pouvant pousser sur œufs (sans les tuer), de prouver l’efficacité des adjuvants modernes en terme d’immunité anti-H5N1 (l’homme est adapté aux hémagglutinines 1, 2 et 3 des virus influenza, non au 5), de pouvoir administrer à l’homme deux doses successives et enfin que la présence d’adjuvants ne nécessitaient plus une grande quantité d’antigènes pour obtenir une immunité.

L’élément déclenchant

Une alerte grippe déclenchée par le Mexique et relayée par l’OMS en avril 2009 a mis en route l’industrie du vaccin, déjà préparée, contre ce nouveau variant du virus influenza, dénommé A H1N1 California 2009. Très vite, pour ne pas dire dans la précipitation, deux questions essentielles se sont posées, la priorité des commandes et le choix des quantités. Rappelez-vous le scandale des 94 millions de doses commandées par la France, l’annulation quatre mois plus tard de 50 millions d’entre eux et la destruction en novembre 2011 de 19 millions de doses périmées (400 millions d’euros partis en fumée).

Le constat

Une meilleure connaissance du virus et sa faible sévérité ont créé plusieurs polémiques un peu partout dans le monde, même si des formes sévères ou graves existent et que les premiers résultats des études d’efficacité et de tolérance ont prouvé l’efficacité du vaccin, en particulier avec adjuvant. Pour ne pas arranger les choses, le fait qu’une seule dose de vaccin soit suffisante ainsi que sa rapidité de mise sur le marché se sont « retournés contre lui » et l’opinion publique a réagit en conséquence, évoquant même d’un échec.

La vaccination antigrippe A (H1N1) a constitué un « bon entrainement » de situation épidémique avec cependant quelques lacunes concernant la transparence, la capacité de réaction et surtout la communication entourant la campagne de vaccination.

K.L