L'utilisation de la méthadone et le risque de mortalité chez les patients non hospitalisés

La methadoneL’utilisation de la méthadone dans la gestion de la douleur, a soulevé des inquiétudes quant à sa nocivité par rapport à d’autres opioïdes à action prolongée, compte tenu  des  risques de dépressions respiratoires mortelles  liées à des surdoses accidentelles, et  de ceux des arythmies ventriculaires mortelles ; risques dus aux effets du  chlorhydrate de méthadone.

 

C’est l’objet d’une étude rétrospective du « Vanderbilt University Medical center », publiée dans la JAMA internal medicine, et qui a été réalisée afin de comparer le risque de décès en dehors de l’hôpital, parmi les patients recevant de la méthadone pour des douleurs non cancéreuses par rapport à celui des patients recevant du sulfate de morphine à libération prolongée L.P

 

Pour ce faire, les chercheurs se sont basés sur des dossiers du Tennessee Medicaid, enregistrés de 1997 à 2009, et se rapportant à des patients âgés de 30 à 47 ans recevant de la morphine L.P ou de la méthadone et qui n’étaient pas atteints de cancer ou d’autres maladies mortelles, ni hospitalisés et ni résidant dans une maison avec des soins infirmiers.

 

Au début de l’étude, 32 742 et  6014 patients avaient respectivement eu recours à une prescription de la morphine LP ou de  la méthadone. Prés de 90 % d’entre eux  avaient  reçu de l’opioïde pour des douleurs du dos ou d’autres douleurs musculo-squelettiques.

 

 

Les doses médianes prescrites pour la morphine L.P et la méthadone étaient respectivement de 90mg/j et 40mg/j.

 

Les résultats ont montré qu’il y a eu 477 décès durant une période de suivi de  28699 personnes/an, soit environ 166 morts par 10.000 personne /an.

 

Après le contrôle des covariables de l’étude, les patients recevant de la méthadone avaient un risque plus élevé de décès de 46% pendant la période de suivi, avec un ratio de risque ajusté (HR) de 1,46 (IC 95%, 1,17 à 1,83; P <0,001), qui s’était traduit par 72  décès en excès par 10 000 personnes.

 

Les doses de méthadone de 20mg/j ou moins, le quartile de plus faible dose, ont été associés à un risque plus élevé  de décès (HR, 1,59; IC 95%, 1,01 à 2,51, P = 0,046) par rapport au risque induit par des doses comparables de morphine L.P (<60 mg / d).

 

Le risque accru de décès observé chez les patients recevant de la méthadone même sous de faibles doses, appuie les conclusions de cette étude rétrospective qui recommande que ce médicament ne devrait pas être l’alternative de premier choix contre la douleur non cancéreuse.

 

B.H.S