L'immunothérapie contre les effets des drogues

immunotherapie 1L’immunothérapie pourrait à l’avenir avoir une place de plus en plus importante dans le traitement de la toxicomanie. En effet, selon une nouvelle étude expérimentale de l’Institut norvégien de santé publique, un anticorps spécifique pourrait  réduire les effets aigus de l’héroïne.

 

Ces effets intoxicants seraient mineurs si ce n’est l’apparition de produits de conversion qui se forment lorsque l’héroïne est métabolisée par le corps.

 

 

L’un de ces produits, selon des études antérieures du groupe de recherche, serait  le premier métabolite de l’héroïne, le 6-MAM (6-monoacétylmorphine). C’est lui qui  provoque les effets rapides et intenses de l’héroïne.

 

Cette  conversion de l’héroïne en  6-MAM se fait principalement dans le sang, et bien avant que le médicament ne pénètre dans le cerveau.

 

Sur cette base, les chercheurs sont partis de l’hypothèse que la  séquestration du 6-MAM par un anticorps pourrait être  suffisante pour empêcher les effets induits de l’héroïne. A cet effet ils ont  étudié les effets de l’anticorps monoclonal (m AB) spécifique pour le 6-MAM. Des expérimentations in vitro sur du sang humain et de souris ont révélé que l’anticorps était capable de capter le 6-MAM et bloquait complètement le métabolisme de la morphine alors que la conversion de l’héroïne en 6-MAM n’avait  pas eu lieu.

 

De même que des souris traitées avec le mAB contre le 6-MAM  manifestaient une réduction de l’activité locomotrice induite par l’héroïne ce qui correspond bien à la réduction des niveaux de 6-MAM dans le  cerveau.

 

L’administration intra péritonéal et intraveineuse de l’anti 6-MAM mAB produit une protection équivalente contre les effets de l’héroïne et il est estimé que  la demi-vie fonctionnelle du mAB sur les souris  était de  8 à 9 jours.

 

Rappelons, par ailleurs, qu’au cours des dernières années, l’intérêt des recherches pour les vaccins contre les drogues a augmenté, en partie en raison des préoccupations croissantes concernant leurs effets négatifs. Plusieurs  travaux ont été tentés pour découvrir des vaccins contre l’héroïne, la morphine, la cocaïne, la méthamphétamine, la nicotine et l’oxycodone mais seuls les vaccins contre la cocaïne et la nicotine ont été testés sur des humains.

 

La présente  étude suggère qu’un anticorps contre le 6-MAM est efficace pour contrecarrer les effets de l’héroïne.

 

Ainsi l’immunothérapie pourrait donc contribuer dans le traitement de la toxicomanie. Elle serait particulièrement utile comme

traitement d’appoint pour les des patients spécifiques, comme  par exemple pour les toxicomanes femmes durant leur grossesse ou après une désintoxication durant les périodes vulnérables où le risque de rechute est élevé.

 

B.H.S