Les médicaments contrefaits : une nouvelle méthode de détection

sante-pharmacie-medicaments-contrefaits-tunisieSelon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le chiffre d’affaire des ventes mondiales de médicaments contrefaits a  atteint 75 milliards de dollars en 2010. Le Citrate de sildénafil, plus connu sous son nom commercial, le Viagra, et deux autres médicaments contre la dysfonction érectile, le Cialis et le Levitra, sont parmi les médicaments les plus contrefaits au monde.

Dans le cadre de la lutte contre ce fléau, des chercheurs de l’Université de Montréal ont mis au point une méthode d’analyse chimique plus efficace et plus rapide dans la détection des médicaments contrefaits  qui sont monté en flèche au cours de ces dernières années.

Cette méthode a été développée et testée dans une étude réalisée par Philippe Lebel, Alexandra Furtos et Karen Waldron du Département de chimie de Ladite l’université ; cette étude consiste à identifier et quantifier les différents composés présents dans un produit pharmaceutique, dans un laps de temps équivalent au cinquième de celui que prendrait la même mesure  aux services gouvernementaux.

Entre Septembre 2012 et Juin 2013, au laboratoire de spectrométrie de masse de l’université de Montréal, Lebel a développé, à l’aide d’équipement hautement spécialisé, une méthode analytique pour détecter les 80 substances qui peuvent être substitués aux  ingrédients actifs présents dans les trois médicaments contre la dysfonction érectile sur le marché: le Viagra, Cialis, et Levitra.

Trente produits pharmaceutiques et naturels, dont certains ont été saisis à la frontière canadienne, ont été analysés pour tester et prouver le potentiel de la nouvelle méthode.

Dans sa note  sur les résultats de l’étude publiée dans « the Journal of Chromatography » Lebel affirme que «l’analyse prend dix minutes, alors qu’auparavant, il fallait jusqu’à cinquante. En outre, notre méthode identifie même les composés à faible concentration qui ne pouvaient pas être  identifiés par les méthodes en usage ».

En attestant  que cette nouvelle méthode de détection est prometteuse, Santé Canada l’a déjà intégré dans son processus de surveillance de la contrefaçon. Elle  pourrait par conséquent  servir de modèle pour le reste du monde dans la lutte anti-contrefaçon.

B.H.S