L’aspirine à la veille d’une opération : on garde ou on ne garde pas ?

Depuis bien des années et selon les recommandations de la Society of Thoracic Surgeons et de l’American College of Cardiology/American Heart Association, l’aspirine devrait être interrompue chez les patients qui doivent subir un pontage aorto-coronaire (lien entre aorte et artère coronaire). Cette interruption est, en moyenne, de jours.

 

Cette attitude a, en effet, été toujours le sujet de polémique car certains chirurgiens continuaient, tout de même à donner l’aspirine pour leurs patients jusqu’à la veille de l’intervention.

Dans ce contexte, une nouvelle étude  menée chez 789 patients a tenté de réactualiser ces données. Ces patients étaient candidats à un pontage aorto-coronaire. L’aspirine a été administrée jusqu’à la veille chez 390 patients et un placebo chez les 399 restants.

Les principaux critères ayant servi pour le suivi qui a duré 53 mois étaient : le risque d’hémorragie à court terme et à plus long terme, l’infarctus du myocarde et le décès.

Il a été noté que le groupe sous aspirine a vu une augmentation significative du volume des hémorragies par rapport au groupe placebo. Par contre, le groupe aspirine a gagné en termes d’une diminution du risque de survenue d’accidents cardiaques à long terme.

Apparemment, cette polémique a encore de beaux jours devant elle car si certains praticiens ne voudraient pas être confrontés aux conséquences d’une hémorragie, d’autres, quant à eux, s’en passeraient bien d’un accident cardiaque qui peut être évitable. 

Ces résultats ont été publiés dans « The Journal of thoracic and cardiovascularsurgery ».

 

E.K.L