La morphine, entre l’efficacité et les préjugés !

Généralement, on assimile la morphine à l’opium qui souffre de préjugés négatifs quant à son action et son usage qui pourrait entraîner une dépendance comparable à celle des différents types de drogues et autres stupéfiants. Mais voyons, d’abord, ce que c’est la morphine, comment l’obtient-on ? Quand l’utilise t-on ? Quels sont ses effets ?

Pour définir la morphine, disons qu’il s’agit d’un alcaloïde extrait de l’opium du pavot qu’on peut recueillir suite à des incisions superficielles dans les capsules des pavots pour que s’écoule un suc laiteux qui se dessèche, s’oxyde à l’air et prend alors une couleur brunâtre.

Après malaxage, cette substance devient l’opium qui contient environ 10% de morphine. Cette substance a constitué le plus vieux remède connu par l’homme pour lutter contre la douleur.

En effet, l’utilisation de la morphine est liée à l’intensité de la douleur et non à la gravité de la maladie. Si une douleur est intense, cela ne signifie pas forcément que sa cause est grave.

La morphine peut être utilisée, aussi, pour prévenir la douleur liée à un acte médical, comme pour soulager des douleurs osseuses liées à des métastases.

Les praticiens sont unanimes pour affirmer que le recours à l’utilisation de la morphine ou de l’un de ses dérivés est justifié dès que les autres antalgiques s’avèrent inefficaces pour soulager la personne.

Associée, souvent mais à tort, à l’idée de mort parce qu’elle a longtemps été réservée aux personnes en fin de vie, la morphine est, aujourd’hui reconnue comme médicament à part entière et il est même qualifié d’indispensable pour lutter contre certaines douleurs intenses, cancéreuses ou non.

Ainsi, elle peut être utilisée de manière temporaire, pour soulager une douleur aiguë pour une période assez longue pour soulager une douleur chronique, quel que soit le stade de la maladie. D’ailleurs, les praticiens estiment que depuis le développement de l’usage de la morphine, la prise en charge de la douleur a enregistré une amélioration notable.

Mais la question que tout un chacun continue à se poser : la morphine est une drogue ou non ? La réponse et nuancée. La morphine, comme sus-indiqué, est un opioïde, c’est-à-dire un dérivé de l’opium.

Classée comme étant un stupéfiant, son utilisation obéit à une réglementation stricte. Et c’est, justement, ce contexte qui la morphine fait peur. Il y a même des gens qui sont persuadés qu’ils peuvent être plus en danger en ayant recours à une « drogue » qu’en supportant des douleurs intenses. Leur crainte essentielle, à tort d’ailleurs, est d’en devenir accro, donc toxicomanes.

Or, les études scientifiques montrent que si elle est utilisée dans de bonnes conditions pour traiter la douleur, la morphine  n’entraîne pas de toxicomanie, même si elle est prise à long terme.

 

M.B.H